Mardi, 13 octobre 2026-« Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire arrivent aisément. » Cette maxime semble trouver son illustration dans la mise en œuvre de la taxe combinée de stationnement et de numérotation destinée aux motos-taxis, dont la perception a été officiellement lancée en octobre 2025 par la maire intérimaire de Boma, Me Claudelle Phemba Kiadi.
Dès l’annonce de cette mesure, certaines personnes estimaient qu’il ne s’agissait que d’une simple formalité destinée à distraire l’opinion publique. D’autres, en revanche, en appréciaient la portée et la pertinence, au regard des enjeux liés à l’assainissement, à la sécurité urbaine et à la mobilisation des recettes locales.
Aujourd’hui, les partisans de cette initiative mettent en avant les efforts déployés par la maire intérimaire sur le terrain. Selon les éléments présentés dans le cadre de cette démarche, les recettes générées par cette taxe contribueraient notamment à soutenir les actions d’assainissement de la ville, à améliorer la sécurité urbaine, à assurer le fonctionnement de certains services publics locaux et à payer les primes des agents pris en charge par la mairie.
Les agents affectés à la brigade d’assainissement devraient également bénéficier prochainement d’équipements entièrement financés par l’hôtel de ville, selon les informations rapportées à ce sujet.
Une partie de la population de Boma exprime ainsi sa satisfaction quant à l’implication personnelle de la cheffe de l’exécutif urbain dans les opérations visant à transformer cette ville, qui fut autrefois la capitale de l’État indépendant du Congo.
Dans le même élan, des habitants souhaitent voir les trois bourgmestres de Boma, à savoir ceux des communes de Kalamu, de Nzadi et de Kabondo, s’investir davantage dans l’assainissement et l’amélioration des conditions de vie au sein de leurs entités respectives.
Cependant, alors que les efforts de l’autorité urbaine sont salués par certains habitants, des interrogations et des controverses persistent autour de la gestion des recettes issues de cette taxe.
En effet, des allégations circuleraient au sein de certains milieux locaux, mettant en doute la destination des fonds collectés. Selon ces accusations, les recettes ne seraient pas nécessairement affectées aux objectifs annoncés par la mairie. Des personnes se réclamant notamment de certains milieux de la société civile locale et d’autres structures auraient également évoqué la possibilité de diligenter un audit sur la gestion financière de l’hôtel de ville.
Face à cette situation, la mairie a décidé de réagir afin d’apporter des éclaircissements à l’opinion publique et de répondre aux préoccupations soulevées autour de cette perception.
À travers un communiqué largement relayé par les médias locaux, la maire intérimaire, Me Claudelle Phemba Kiadi, a exposé les éléments qu’elle estime nécessaires pour expliquer le fondement légal de cette taxe, les modalités de gestion des recettes ainsi que leur affectation aux besoins de la ville.
Pour l’autorité urbaine, cette taxe n’a pas été instituée de manière arbitraire. Elle s’appuierait sur l’ordonnance-loi n° 18/004 du 13 mars 2018 portant nomenclature des impôts, droits, taxes et redevances des provinces et des entités territoriales décentralisées. Selon les explications communiquées par la mairie, cette disposition juridique permettrait de reconnaître la taxe concernée parmi les recettes locales, lesquelles doivent être intégrées au budget urbain et gérées conformément aux règles applicables en matière de comptabilité publique.
Concernant l’utilisation des fonds collectés, la maire intérimaire affirme qu’ils sont destinés à répondre aux besoins essentiels de la ville. Les domaines évoqués comprennent notamment l’assainissement, la sécurité urbaine, le fonctionnement de certains services publics locaux ainsi que la prise en charge des agents concernés.
À travers ces explications, la mairie entend dissiper les doutes, rétablir les faits selon sa version et rassurer la population quant à la gestion des ressources issues de cette taxe.
Toutefois, au-delà des déclarations et des controverses, la transparence dans la gestion des finances publiques demeure un enjeu essentiel pour renforcer la confiance entre les autorités urbaines et les citoyens. La publication régulière des recettes collectées, des dépenses engagées et des réalisations financées pourrait ainsi contribuer à mieux informer la population et à prévenir la propagation de rumeurs.
Dans ce contexte, les éventuelles demandes d’audit ou de contrôle de la gestion financière devraient être examinées au regard des compétences et des prérogatives reconnues par les textes en vigueur aux institutions et organes habilités.
Par ailleurs, la mairie met en garde contre la diffusion de propos qu’elle considère comme diffamatoires ou calomnieux. Elle rappelle que toute accusation relative à la gestion des fonds publics doit pouvoir être étayée par des éléments concrets et des preuves vérifiables, dans le respect des dispositions légales applicables, notamment celles relatives au Code du numérique.
Ainsi, la controverse autour de la taxe de stationnement et de numérotation des motos-taxis remet au premier plan une question fondamentale : celle de la transparence dans la mobilisation et l’utilisation des recettes publiques locales.
Pour la mairie de Boma, cette taxe constitue un levier de financement des actions prioritaires de la ville. Pour l’opinion publique, l’enjeu reste de pouvoir apprécier les résultats concrets de cette mobilisation financière à travers des informations fiables, des réalisations visibles et une gestion conforme aux exigences de la bonne gouvernance.
La transparence, la redevabilité et le respect de la loi demeurent les fondements indispensables d’une gestion publique crédible et au service de la population.
Dieudonné Muaka DIMBI


