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Affaire Remaniement : Ministres en campagne, bilans sur mesure, communicants mobilisés, peuple désabusé !

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Mardi, 29 juillet 2025-Depuis que le président Félix Tshisekedi a annoncé, le vendredi 25 juillet dernier, un remaniement gouvernemental « resserré et d’ouverture », c’est la panique à bord dans les rangs de l’exécutif. L’annonce a fait l’effet d’un coup de tonnerre. Le Conseil des ministres s’est transformé en salle d’attente du jugement dernier. Depuis, chaque ministre tente de sauver sa peau… à coups de bilans, de slogans et de publications médiatiques savamment orchestrées.

En quelques jours, les pages Facebook, X (ex-Twitter) et WhatsApp officiels des ministères sont devenues des vitrines publicitaires. On y vante des réalisations, parfois invisibles, on y compile des chiffres flatteurs, des photos d’activités anciennes repeintes aux couleurs du présent.

Les conférences de presse se multiplient, les « comptes rendus de mission » s’enchaînent, les communiqués de dernière minute pleuvent.

Le message est clair : « Regardez ce que j’ai fait, je mérite de rester. »

Mais dans l’opinion, c’est une autre lecture qui prévaut : celle d’un théâtre de l’absurde, où chacun tente de briller sous les projecteurs alors que le rideau est déjà sur le point de tomber.

Communicateurs sous tension, journalistes instrumentalisés…

La stratégie est souvent la même : mobiliser son équipe de communication, créer une « narration », relancer les relais sur les réseaux sociaux et activer les médias partenaires.

Certains ministres n’hésitent pas à commander des interviews, sponsoriser des publications ou même distribuer de l’argent à des influenceurs pour qu’ils relaient leur « bilan positif ».

Le phénomène va jusqu’à des scènes ubuesques : des communicateurs rédigent eux-mêmes des articles en leur propre nom, relayés ensuite par des sites proches du pouvoir. D’autres reprennent d’anciennes promesses comme si elles venaient d’être tenues. On frôle parfois le révisionnisme.

L’un des paradoxes les plus flagrants de cette opération séduction est le timing : pourquoi ces ministres n’ont-ils pas communiqué régulièrement sur leurs actions ? Pourquoi attendre le couperet présidentiel pour faire le point ?

Dans la majorité des cas, les fameux bilans ne font mention ni d’évaluations indépendantes, ni de résultats concrets vérifiables. On observe plutôt une avalanche de projets annoncés mais jamais livrés, de chantiers ouverts mais jamais achevés, de tableaux Excel sans impact visible dans la vie des citoyens.

Le peuple observe avec détachement — ou ironie. « Ils se souviennent de nous seulement quand ils craignent d’être remplacés », commente un internaute sur X.

L’obsession de la reconduction occulte une réalité plus grave : le fossé entre l’action gouvernementale et les attentes de la population. Alors que le chômage explose, que l’insécurité persiste à l’Est, que l’économie reste fragile et que les services sociaux sont moribonds, le gouvernement sortant donne l’impression de vivre en vase clos, plus attentif à sa survie politique qu’au bilan réel de sa gouvernance.

Et pendant que ministres et communicateurs mènent la bataille de l’image, la colère sourde monte dans les rangs de l’UDPS, chez les partenaires politiques oubliés et au sein d’une population qui espérait un second quinquennat plus tourné vers la rupture que vers la reconduction de l’inaction.

Selon plusieurs sources proches de la Présidence, le casting du gouvernement Suminwa II est presque finalisé. Le président aurait déjà reçu les propositions finales. La nouvelle équipe devrait être annoncée « dans les prochains heures ».

En attendant, la valse des bilans continue. Certains ministres jouent leur dernier acte. D’autres préparent leur sortie avec dignité. Mais tous savent qu’un tweet bien rédigé ne fait pas une politique publique.

En clair : le gouvernement sortant, dans un ultime sursaut de communication, espère reconquérir la confiance présidentielle. Mais la confiance du peuple, elle, ne se gagne pas en un post Facebook.

ITK

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