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RDC-Détournements présumés à la Mongala : le Vice-ministre du Budget Élysée Bokumwana Maposo éclaboussé par un vaste scandale de projets fantômes !

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Mercredi, 30 juillet 2025-Un scandale d’État couve dans l’ombre de la province de la Mongala. Alors que les populations attendent désespérément les retombées des politiques de développement promises par Kinshasa, des révélations alarmantes font état d’un système organisé de détournement des fonds publics, orchestré à travers une ONG écran appartenant à un haut responsable du Gouvernement central : le Vice-ministre du Budget, Élysée Bokumwana Maposo.

Ce dernier, selon plusieurs sources concordantes, aurait utilisé son ONG dénommée SOCO (Solidarité Commune), basée à Lisala, pour obtenir plusieurs marchés publics sans mise en concurrence, au mépris total des règles de passation des marchés publics.

La résidence présidentielle de Lisala : un chantier surfacturé à 385.000 $

Parmi les projets les plus emblématiques de cette gestion opaque figure la réhabilitation et l’équipement en mobiliers de la résidence du Chef de l’État à Lisala, censée incarner l’autorité de l’État dans la province. Coût officiel : 385.000 dollars américains.

Problème : sur le terrain, aucun signe visible de travaux substantiels, si ce n’est quelques coups de peinture et l’ajout de mobiliers modestes. Des témoins locaux affirment que les travaux ont été réalisés en moins de deux semaines par une équipe sans expérience technique ni encadrement qualifié.

À la clé, une opération qui soulève des soupçons de surfacturation manifeste et de détournement par gonflement artificiel du budget.

II. Programme PDL-145 Territoires : 2 millions $ engloutis, zéro impact

Le Programme de Développement Local des 145 territoires (PDL-145T), financé par l’État avec l’appui de partenaires, devait transformer les territoires les plus reculés en centres de développement social et économique.

Pour la Mongala, un financement de 2.065.000 dollars a été alloué.

Mais aujourd’hui, aucune école, aucun centre de santé, aucune route rurale liée à ce programme n’a vu le jour. Ni à Lisala, ni à Bumba, encore moins à Bongandanga.

À la place : des documents administratifs et photos truquées, des rapports fictifs, et une population laissée à elle-même.

La Mongala est ainsi l’une des rares provinces où les effets du PDL-145T sont invisibles.

III. Des routes fantômes et des ponts disparus : près de 3,5 millions $ introuvables…

Des sommes importantes ont été débloquées pour des projets routiers dans la province. Mais là encore, aucune infrastructure n’est opérationnelle.

Route/Projet Montant alloué

Lisala – Akula : 614.835 $
Lisala – Bumba – Bunduki : 868.000 $
Lisala – Gumba – Mongili : 567.669 $
Ngonzi – Bongandanga 349.000 $
Érosion sur l’avenue Tabora à Lisala : 816.000 $

Soit un total de 3.215.504 dollars décaissés, sans la moindre réalisation concrète.

À cela s’ajoutent deux projets supplémentaires :

– L’aménagement de l’avenue du port à Bumba : aucun engin n’a jamais été aperçu sur le site.

– Le cantonnage manuel à Bongandanga, censé entretenir les routes secondaires : jamais mis en œuvre.

Deux ponts promis à Bongandanga, dans les localités de Litoyi et Lowoko, sont inexistants malgré des financements actés sur papier.

Des techniciens de l’Office des Routes local affirment ne pas avoir été associés à ces projets, ce qui laisse penser que les budgets ont été absorbés sans aucune exécution réelle.

IV. Une ONG comme couverture : SOCO, bras armé du détournement ?

Derrière tous ces marchés, une seule entité : l’ONG SOCO, officiellement active dans les œuvres sociales et le développement rural.

Dans les faits, SOCO serait un instrument personnel du vice-ministre Élysée Bokumwana Maposo, qui en contrôlerait la gestion, les finances et les appels d’offres.

Les documents consultés indiquent que tous les marchés évoqués ci-dessus ont été attribués directement à SOCO, sans appel d’offre, sans contrôle de qualité, ni vérification d’exécution.

Une violation manifeste de la loi sur les marchés publics, aggravée par la position de pouvoir du bénéficiaire, à la fois ordonnateur du budget et prestataire final via son ONG.

V. Le silence des autorités et l’absence de contrôle

L’Inspection Générale des Finances (IGF), pourtant active dans d’autres provinces, n’a jamais publié un rapport sur la gestion des fonds publics dans la Mongala ces trois dernières années.

Les élus locaux, quant à eux, brillent par leur silence, et plusieurs d’entre eux seraient eux aussi liés à cette ONG ou bénéficiaires des marchés secondaires.

Une source administrative indique que des pressions politiques sont exercées pour empêcher toute mission d’audit ou d’enquête indépendante dans la province.

VI. Une gouvernance malade du clientélisme

Ce scandale illustre une réalité plus large : la captation des ressources publiques par des responsables politiques qui instrumentalisent l’État au profit de leurs intérêts privés.

Les mécanismes sont toujours les mêmes : ONG familiales, procédures opaques, marchés directs, surfacturation, falsification de rapports.

La Mongala est ainsi devenue un laboratoire de la prédation des fonds publics, pendant que les populations manquent d’eau, d’électricité, de soins et de routes.

La justice congolaise, l’IGF, la Cour des Comptes, et même les agences internationales partenaires du PDL-145T, doivent impérativement se saisir de ce dossier.

Les preuves matérielles, les noms impliqués, les montants exacts sont désormais connus.

Reste à savoir si, une fois de plus, l’impunité primera sur la redevabilité, ou si ce scandale marquera un tournant dans la lutte contre les détournements qui gangrènent le développement de la RDC.

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