
Vendredi, 2 janvier 2026-L’année 2025 restera gravée comme l’une des plus éprouvantes pour la République démocratique du Congo. La guerre d’agression qui nous est imposée s’est intensifiée, provoquant des pertes humaines considérables, des déplacements massifs et une profonde détresse sociale, notamment dans l’Est du pays. Cette tragédie trouve sa source dans des ambitions expansionnistes et le pillage systématique de nos ressources. Au-delà de ce schéma, elle interroge aussi notre résilience nationale face aux divisions qui nous affaiblissent.
Pourtant, au cœur de l’épreuve, le peuple congolais n’a jamais totalement perdu espoir. Beaucoup ont continué à croire en la capacité de notre Nation à surmonter ce défi, convaincus que le droit et la justice finiraient par prévaloir. Aujourd’hui, les efforts diplomatiques et militaires engagés ouvrent, avec une détermination renouvelée, la voie difficile du retour de la paix.
À ce titre, il est juste de saluer le Président de la République pour avoir maintenu le cap avec fermeté et constance face à l’agression. Son action diplomatique soutenue et les partenariats stratégiques conclus dessinent les contours d’une souveraineté en voie de consolidation.
En quittant 2025 avec son cortège de malheurs, nous devons faire de 2026 l’année d’un sursaut collectif délibéré. La paix durable ne sera pas seulement une victoire des armes ou de la diplomatie ; elle sera aussi le fruit d’une cohésion nationale retrouvée, d’une responsabilité politique assumée et d’un respect sans faille pour nos institutions.
Dans ce projet, chaque acteur a un rôle essentiel : majorité, opposition, société civile et confessions religieuses. Les divergences d’opinion sont le sel de la démocratie. Toutefois, face à une agression qui menace l’existence même de la Nation, ces clivages ne doivent pas devenir des failles. Le débat sur le dialogue politique, relancé en 2025, mérite d’être abordé avec une clarté et un sens des responsabilités à la hauteur des enjeux.
Le Président de la République n’a jamais rejeté le principe du dialogue entre Congolais. Il a posé un préalable de cohérence nationale : on ne peut dialoguer durablement dans l’ambiguïté morale face à une agression étrangère. Au préalable, il faut stigmatiser l’agresseur. Condamner clairement cette agression n’est ni un alignement politique ni une posture partisane ; c’est un devoir civique et patriotique élémentaire. C’est le socle non négociable à partir duquel nous pouvons ensuite, et ensuite seulement, débattre sereinement de nos différends internes.
L’histoire récente d’autres nations montre que, dans les moments critiques, les forces politiques savent transcender leurs intérêts pour se rassembler autour de l’essentiel : la défense de la patrie. La République démocratique du Congo exige et mérite le même réflexe de grandeur. Se ranger derrière l’institution présidentielle aujourd’hui incarnée par Félix Tshisekedi, pour défendre l’intégrité du territoire, c’est poser le premier acte fort d’une réconciliation nationale sincère.
Mon vœu pour cette nouvelle année est donc clair : que 2026 consacre le retour de la paix, la renaissance d’une cohésion forgée dans l’épreuve et l’avènement d’une responsabilité partagée. C’est ensemble, dans le respect de nos institutions et avec un engagement patriotique sans calcul, que nous bâtirons l’avenir. Le sursaut est à notre portée ; il n’attend que notre volonté commune.
MBIKAYI MABULUKI STEVE
Député national



