
Samedi, 27 décembre 2025-Le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, est monté au créneau pour répondre aux propos tenus par Mgr Fulgence Muteba au sujet de l’Accord de partenariat stratégique signé entre la République démocratique du Congo et les États-Unis. Dans une sortie ferme et argumentée, le porte-parole du gouvernement dénonce des affirmations qu’il qualifie de « factuellement fausses » et invite à un débat public pour rétablir la vérité.
Selon Patrick Muyaya, contrairement à ce qui a été avancé dans l’homélie du prélat, l’Accord RDC–USA ne prévoit ni une durée de 99 ans, ni le bradage des ressources naturelles, ni la cession d’une quelconque mine, encore moins une atteinte à la souveraineté nationale. Il précise que le texte, publié le jour même de sa signature et expliqué lors d’un briefing officiel, se limite à définir des principes de coopération transparente, fondés sur un partenariat gagnant-gagnant entre les deux États.
« L’État congolais conserve l’intégralité de son pouvoir souverain, y compris le droit de refuser toute proposition contraire à l’intérêt national », martèle le ministre, estimant qu’affirmer le contraire relève davantage de la manipulation que de l’analyse objective.
S’appuyant sur les Écritures, Patrick Muyaya cite le passage biblique d’Éphésiens 4:25 — « Renoncez au mensonge, et que chacun de vous parle selon la vérité à son prochain » — pour appeler à la responsabilité morale et à la rigueur dans la prise de parole publique, surtout en une période aussi symbolique que la fête de Noël.
Le porte-parole du gouvernement regrette par ailleurs le silence observé, selon lui, sur des sujets majeurs qui touchent directement à la souffrance du peuple congolais. Il estime que la messe de Noël aurait dû être l’occasion de condamner clairement l’agression rwandaise, les massacres perpétrés dans les zones sous occupation, ainsi que les déplacements massifs de populations, notamment les plus de 500.000 personnes contraintes à l’errance après l’attaque d’Uvira.
Patrick Muyaya dénonce également l’exploitation illicite des minerais congolais, citant le cas de Rubaya, grâce à laquelle le Rwanda aurait enregistré une augmentation de 213 % de ses exportations de coltan entre janvier et juin 2025, sans que cela ne suscite, selon lui, une dénonciation publique à la hauteur de la gravité des faits.
Interpellant directement le président de la CENCO, le ministre pose une question centrale : « De quel texte tirez-vous ces 99 ans que vous avez évoqués dans votre homélie ? » Il affirme que, pour sa part, le gouvernement reste attaché aux principes de transparence et de redevabilité et se dit prêt à un débat public afin d’éclairer l’opinion et « le peuple de Dieu » sur le contenu réel et le bien-fondé de l’Accord RDC–USA.
Enfin, Patrick Muyaya renvoie ceux qui n’auraient pas encore pris connaissance du texte de l’Accord à des analyses accessibles, notamment celles proposées par le compatriote Alain Engunda, appelant les Congolais à la vigilance et à l’unité.
Dans un ton résolument patriotique, il conclut par un appel à la mobilisation citoyenne : « Congolais, telema ! Tout pour la Patrie ! Bendele ekweya te ! »
ITK



