
Mardi, 22 juillet 2025 – Dans une tribune, le député national Steve Mbikayi Mabuluki met en garde contre les appels à un « dialogue politique inclusif » à la suite de l’accord de principe signé à Doha entre la RDC et le Rwanda. Pour lui, convoquer un tel forum reviendrait à reproduire un schéma bien connu de la politique congolaise : contourner le suffrage universel au profit d’arrangements politiques entre élites.
« Nous ne participerons à aucun dialogue sans rupture préalable avec le régime Tshisekedi », ont clamé certains opposants. Une réaction que Mbikayi juge paradoxale : « Comment rejeter une invitation qui n’a jamais été lancée ? » s’interroge-t-il, citant un proverbe lingala : Soki nanu ba bengi yo te, kondima présent te.
Un contexte radicalement différent des années 1990
Dans sa tribune, le député rappelle que les dialogues nationaux n’ont été pertinents que dans des contextes de vide institutionnel : Conférence nationale souveraine, Sun City, CENCO… « Mais aujourd’hui, la RDC est dirigée par un pouvoir issu des urnes. La crise n’est pas électorale mais sécuritaire. Nous faisons face à une agression extérieure sous couvert d’une rébellion locale », souligne-t-il.
Mbikayi insiste : les documents issus de Doha et de Washington mentionnent clairement les deux protagonistes véritables du conflit – la RDC et le Rwanda – l’AFC/M23 n’étant selon lui qu’un « paravent agité par l’agresseur ».
Tout en se disant favorable au dialogue, l’élu du peuple préconise une approche plus directe, plus réaliste : Un dialogue avec les groupes armés, pour leur demander de rompre avec Kigali, de déposer les armes et d’exposer leurs revendications ; Un dialogue avec les partis et leaders de l’opposition, mené dans un cadre républicain et sans médiation extérieure.
À ses yeux, ce processus est déjà amorcé : « Le chef de l’État reçoit des opposants. Ce dialogue doit être poursuivi, élargi, approfondi. »
Préserver la légitimité populaire
Steve Mbikayi avertit : convoquer un forum « inclusif » sur pression de certaines forces politiques ou religieuses hostiles au régime serait un piège. « Ce serait nier sa propre légitimité et se placer sur le même plan que ceux qui ne parlent qu’en leur nom propre. »
Il appelle le président Tshisekedi à assumer pleinement sa légitimité populaire et à prendre les décisions nécessaires, dans l’intérêt supérieur de la nation.
« Nous respectons ceux qui pensent autrement, conclut-il. C’est leur droit. Mais nous avons aussi besoin d’arguments clairs, lucides et responsables. »
ITK



