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Coup de théâtre à l’assemblée nationale : Papy Nyango attaque, Mboso contre-attaque !

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Mardi, 19 avril 2022-Visé par une pétition, le speaker de la Chambre menace à son tour, d’invalider un groupe de députés dont l’initiateur de la démarche pour sa déchéance.

Effervescence inhabituelle à l’Assemblée nationale. Une énième pétition contre Christophe Mboso Nkodia Pwanga, président de la Chambre, circule depuis plusieurs jours dans les travées de l’Hémicycle. Joint au téléphone par la Radio Top Congo FM, l’auteur de la pétition, Papy Nyango, a déclaré qu’à la journée d’hier lundi 18 avril, environ 130 de ses collègues, avaient déjà approuvé sa démarche. Dit autrement, plus de 100 députés nationaux ont signé la motion pour le départ du speaker de leur institution.

Parmi les griefs à charge de Mboso, Papy Nyango met en exergue la corruption systématique des élus, chaque fois qu’une action parlementaire est activée. En des termes clairs, le censeur de Mboso l’accuse d’avoir érigé en système, le monnayage des initiatives de contrôle parlementaire, surtout lorsque la cible est un membre de l’Union sacrée pour la nation (USN), la nouvelle majorité parlementaire post-coalition FCC-CACH, créée en décembre 2019.

A ces opérations récurrentes « d’achat de conscience des députés à coup de bottes de billets verts », Papy Nyango ajoute l’incapacité de Christophe Mboso, à diriger les débats dans la chambre. « Nous ne sommes pas dignes d’être dirigés par M. Mboso. Il a dévoyé le débat parlementaire, à défaut de l’avoir frelaté. Et, pour camoufler son incompétence, ce dernier corrompt invariablement les députés nationaux de son bord politique pour étouffer tous les autres élus ne partageant pas avec eux, la manière dont le pays est géré. Christophe Mboso a recyclé les vieilles pratiques du Mobutisme au point que l’hémicycle a cessé d’être ce temple par excellence du jeu démocratique« , hurle Papy Nyango, élu de la circonscription de la ville de Bandundu.

LA CONTRE-ATTAQUE DE MBOSO

Ayant dépassé le seuil de recevabilité de sa pétition, fixé à un quart des effectifs de la Chambre, c »est-à-dire 125 députés nationaux sur les 500 qui composent l’Assemblée nationale, l’initiative de Papy Nyango devra donc être reçue et soumise au débat en plénière. Et, c’est en principe hier lundi qu’il devait déposer sa pétition au Bureau de la Chambre. Hélas. L’auteur de la pétition soutient qu’à son arrivée au Palais du peuple, toutes les portes de différents bureaux de l’Assemblée nationale ont été fermées devant lui.

« Le président Mboso a instruit ses services, qu’à partir de ce lundi 18 avril 2022 et jusqu’à nouvel ordre, la réception des courriers pour l’Assemblée nationale, y compris le Secrétariat général est centralisée au 3ème étage du Palais du peuple« , a-t-on appris hier des sources proches de l’administration de l’Assemblée nationale.

Pas seulement. Christophe Mboso, dans sa contre-attaque, brandit l’arme fatale : l’invalidation des mandats d’un groupe de députés nationaux accusés d’absentéisme. Et, sur cette liste noire sur la table du speaker de l’Assemblée nationale, figure son « bourreau » Papy Nyango.

Au cours de la plénière de l’Assemblée nationale d’hier lundi, une motion a même été votée par la majorité des députés présents, contre leurs collègues absentéistes en vue de l’invalidation pure et simple de leurs mandats.

« N’échapperont pas à cette sanction, les honorables député(e)s : Papy Nyango, Aubin Minaku, Henri Mova Sakanyi, Néhémie Mwilanya, Boniface Balamage, Charles Nawej, Asani, Alfani Machozi, Marie-Ange Mushobekwa et bien d’autres« , écrit le compte Twitter officiel de l’Assemblée nationale, hier lundi.

Tout bien considéré, l’histoire retiendra que ce n’est pas la première fois qu’une pétition soit initiée contre Christophe Mboso. Le jeudi 3 février dernier, un député national, Gratien Iracan, avait pris la même initiative pour réclamer le départ de Mboso du bureau.

« Nous avons décidé d’initier une pétition visant la déchéance de l’honorable Mboso N’Kodia comme président de l’Assemblée nationale en toute responsabilité ; Je suis le premier à signer. Tout député conscient du chaos politique et de la dégradation sociale pourra s’engager ; Nous évitions tout populisme« , avait écrit le pétitionnaire.

Coordonnateur du collectif de députés nationaux de 26 provinces, Gratien Iracan avait reproché à Christophe Mboso, notamment, la gestion cahotique de la Chambre, le non-respect vis-à-vis des élus et la non-prise en compte de quelques recommandations formulées par les députés nationaux, entre autres, la suppression da la très controversée taxe RAM (Registre des appareils mobiles).

Cependant, l’auteur de la pétition s’était rebiffé, affirmant avoir constaté des améliorations dans la gestion de l’Assemblée nationale par le bureau Mboso.

Grevisse KABREL/FORUM DES AS

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