
Lundi, 10 mars 2025 – La récente restructuration de l’Union Sacrée de la Nation (USN) suscite une vive controverse au sein de la majorité présidentielle en République Démocratique du Congo. Steve Mbikayi dénonce une prise de pouvoir unilatérale par André Mbata, qu’il accuse d’avoir détourné la mission confiée par le Président de la République pour s’imposer comme autorité centrale de la plateforme politique.
Selon Steve Mbikayi, André Mbata aurait outrepassé les attentes du Chef de l’État en publiant une liste qui le place en position de chef adjoint de l’USN, concentrant entre ses mains plusieurs responsabilités clés, notamment celles de secrétaire permanent, rapporteur et porte-parole. Il accuse Mbata d’avoir relégué les chefs de partis et regroupements politiques au sein d’une assemblée générale délibérative sans véritable pouvoir décisionnel.
« Ce qu’il a fait n’est pas une restructuration, mais un coup d’État interne. Il devient le seul maître à bord, exploitant l’indisponibilité du Président de la République », s’indigne Mbikayi.
Steve Mbikayi met en garde contre les frustrations internes que pourrait engendrer cette nouvelle configuration de l’USN. Il déplore notamment le manque de concertation et la mise à l’écart de plusieurs leaders politiques de premier plan.
Par ailleurs, il critique la présence, dans la liste publiée par Mbata, de certains acteurs sans réelle légitimité politique, suggérant des choix dictés par d’autres intérêts.
« Il devra nous expliquer comment certains argentiers, qui ne sont même pas leaders politiques, se sont retrouvés dans ce décret », avertit-il.
L’affaire a pris une tournure plus personnelle lorsque Steve Mbikayi a été supprimé d’un groupe WhatsApp dirigé par Mbata, après avoir exprimé ses critiques. Il y voit une tentative d’étouffer le débat démocratique au sein de l’USN et appelle ses collègues à se solidariser pour exiger sa réintégration.
Face à cette situation, Mbikayi propose une restructuration différente, fondée sur une coordination dirigée par un représentant du parti majoritaire à l’Assemblée nationale, un bureau politique rassemblant les chefs d’institutions et un secrétariat permanent encadré par des leaders politiques expérimentés.
Estimant que Mbata « ne mérite même pas d’être secrétaire permanent », il demande une révision complète de cette restructuration sous peine de voir l’USN s’affaiblir sous le poids des divisions internes.
Joseph KIPALA



