Okapinews.net
AlertePolitiqueUne

Gouvernement Suminwa II : entre équilibre politique et efficacité économique !

publicite-candidat

Samedi, 9 août 2025-Le gouvernement Suminwa II, publié dans la nuit du 7 au 8 août 2025, était attendu avec impatience par l’opinion publique. Sa composition, mêlant des figures reconduites et quelques nouvelles nominations, suscite cependant des interrogations légitimes sur la cohérence administrative et l’efficacité dans la gouvernance économique.

« Peut-on encore parler de cohérence dans la gouvernance économique lorsqu’au sein du gouvernement Suminwa II, l’on observe une superposition de postes à forte portée stratégique tels que : ministre de l’Économie nationale, ministre de l’Économie numérique, ministre des Affaires étrangères, ministre délégué aux Affaires étrangères et vice-ministre des Affaires étrangères ? Ne sommes-nous pas face à une inflation institutionnelle symptomatique d’un théâtre politique au détriment de l’efficacité économique ? » s’interroge Samuel Mulenda, économiste politique.

Au lieu d’une simplification des structures ministérielles pour plus d’efficacité, ce gouvernement donne l’image d’un empilement de postes qui, souvent, s’entrecroisent dans leurs compétences sans clarification des responsabilités. Une telle organisation risque de diluer les responsabilités et de rendre difficile toute évaluation objective de l’action publique.

Autre point d’analyse : le maintien ou la permutation de certains ministres suscite également des questionnements. Nombreux sont ceux qui, malgré des performances jugées discutables, n’ont pas été écartés, mais plutôt déplacés à d’autres portefeuilles. Cette pratique pose un véritable problème d’exigence de résultats : comment espérer un changement réel si l’on recycle les mêmes figures sans réelle reddition des comptes ? Cela reflète un système de gestion politique davantage orienté vers l’équilibre des représentations que vers une évaluation rigoureuse des compétences.

Concernant les deux ministères clés — l’Économie nationale et l’Économie numérique — leur coexistence pourrait être bénéfique si elle répondait à une logique de complémentarité. Or, « l’économie nationale est censée piloter les politiques macroéconomiques, le commerce intérieur, la régulation des prix, tandis que l’économie numérique devrait promouvoir la digitalisation des services, l’innovation technologique et l’infrastructure digitale. Pourtant, l’absence d’une synergie claire entre ces deux pôles crée un chevauchement de missions et une confusion sur les priorités économiques du pays », poursuit Samuel Mulenda.

Si l’ouverture de ce gouvernement à des forces diverses peut être saluée comme un signal d’inclusion, elle devrait aussi s’accompagner d’une vision claire, d’une discipline de gestion et d’une exigence de performance. Le peuple congolais attend non pas une administration pléthorique, mais une gouvernance efficace, centrée sur des résultats concrets. Le défi est donc immense pour ce nouvel exécutif, qui devra concilier équilibre politique et impératif d’efficacité.

Samuel MULENDA 

publicite-candidat

Liens Pertinents