
Jeudi, 8 août 2024-Au Kongo Central, province située à 360 kms à l’Ouest de Kinshasa, capitale de la République Démocratique du Congo, les paysans habitants les villages longeant la voie ferrée, vivent un calvaire interminable.
Cela, depuis que le train voyageur de l’Office national des transports (Onatra), a cessé de fonctionner. Soit des dizaines d’années déjà.
Cette situation qualifiée de loufoque, mettent en mal de nombreux paysans desdits villages dont la survie, outre les travaux de champs, dépendait jadis de passage, dans les deux sens, de train voyageur de l’Onatra.
La circulation régulière de cet engin roulant sur les rails, était beaucoup plus avantageuse pour ces paysans qui n’avaient aucune difficulté pour s’approvisionner en divers produits manufacturés de consommation courante avec lesquels certains d’entre eux exploitant des boutiques et des magasins, les faisaient en effet remplir.
Soit en achetant cash de la marchandise auprès des petits commerçants voyageurs ou encore en appliquant le système de troc.
C’est-à-dire, en échangeant directement leurs produits de culture contre ceux manufacturés et vice versa.
Ce qui, malheureusement, n’est plus le cas aujourd’hui où ces produits champêtres, à cause non seulement de l’absence de train voyageur ; mais aussi du mauvais état des routes et plus particulièrement des pistes de desserte agricole, ne sont plus commercialisés.
Conséquence inévitable, ils pourrissent en pleine forêt.
Le peu des paysans qui parviennent encore à vendre leurs produits des champs, sont donc obligés de quitter leurs villages aux premières heures de la matinée et de parcourir ensuite de longues distances à pieds jusqu’à atteindre, d’autres milieux ruraux proches de la route nationale nº 1 très fatigués.
Cependant, consentir au jour le jour ce genre de sacrifices, relève d’un parcours du combattant à tel enseigne beaucoup d’entre eux ont abandonné.
Suite à ce qui précède, la survie devient de plus en plus intenable avec toutes les conséquences fâcheuses que cela entraîne depuis dans leurs foyers respectifs.
Entre autres la difficulté de nourrir et de faire scolariser leurs enfants ainsi que de faire face aux soins médicaux en cas de maladie.
Ce qui, à en point douter, a du coup donné naissance à l’exode rural et, éventuellement, isolé et nomadisé plusieurs villages qui se sont rapprochés des routes.
Pour l’heure, tous ces résidants des villages longeant la voie ferrée comprise entre Matadi et Kinshasa, n’ont qu’un seul credo. A savoir : la reprise au plus vite du train voyageur de l’Onatra qui, pensent-ils, constitue l’unique alternative susceptible de mettre fin à leurs tourments et à leur incertitude.
Dieudonné MUAKA DIMBI



