
Dimanche, le 3 août 2025 – L’Union Sacrée de la Nation (USN), plateforme politique chère au président Félix Tshisekedi, amorce peut-être un tournant historique. Réunie ce samedi 2 août sous la houlette du Chef de l’État, l’USN a annoncé deux décisions majeures : la revisitation de sa charte fondatrice et la convocation d’un congrès d’ici la fin du mois. Pour Mbikayi Mabuluki Steve, Député national et membre influent de cette famille politique , ces signaux augurent le réveil d’un géant longtemps plongé dans une forme de léthargie.
L’Union Sacrée a longtemps été perçue comme une vaste coalition électorale, plus préoccupée par le partage du pouvoir que par la consolidation d’une vision commune.
Derrière l’unité de façade, les ambitions personnelles, les calculs partisans et les rivalités internes ont souvent pris le pas sur les véritables enjeux nationaux.
“Comme des héritiers pressés de jouir d’un bien dont ils n’ont pas encore construit les fondations, certains membres de l’USN ont sacrifié l’intérêt collectif sur l’autel de leurs chapelles politiques”, déplore Mbikayi.
Et pendant que les tensions se multipliaient dans l’Est du pays, que Bunagana tombait sous contrôle rwandais, et que les menaces de déstabilisation s’intensifiaient jusqu’à Kinshasa, plusieurs figures majeures de la majorité présidentielle sont restées invisibles. C’est dans cette solitude que le président Tshisekedi, selon Mbikayi, a continué à porter seul le poids du pouvoir. Une situation qui, pour lui, doit cesser.
La dynamique enclenchée début août pourrait marquer la fin de cette logique. Une refondation authentique, affirme-t-il, pourrait transformer l’Union Sacrée en une véritable force politique structurée, populaire et pérenne.
“L’Union Sacrée ne doit plus être une simple coalition d’intérêts de circonstance. Elle peut devenir un grand ensemble aligné derrière un leadership assumé, dans la perspective de bâtir à terme un parti politique fort et crédible.”
L’argument de Mbikayi Mabuluki s’appuie sur des exemples historiques : l’ANC en Afrique du Sud, le FRELIMO au Mozambique, le MPLA en Angola ou encore le Parti libéral-démocrate au Japon ont prouvé qu’une structure politique forte, lorsqu’elle est au service du peuple, peut incarner la stabilité sur plusieurs décennies. Pourquoi pas l’Union Sacrée ?
Mais cette ambition ne pourra se concrétiser sans un changement profond de culture politique. Il faudra rompre avec l’instinct de prédation, cesser de considérer l’USN comme un guichet de distribution de postes, et embrasser une véritable vision de long terme.
“Le peuple n’est pas exigeant : il demande juste de quoi vivre dignement, se soigner, instruire ses enfants, et vivre en paix. C’est à cette aspiration simple mais essentielle que doit répondre une Union Sacrée nouvelle version.”
Si cette volonté de réforme est sincère, alors l’Union Sacrée pourrait devenir bien plus qu’un outil électoral : un véritable instrument de transformation politique, sociale et nationale. Une machine de mobilisation populaire, un rempart démocratique et un moteur de stabilité.
“L’histoire est pleine d’exemples qui nous montrent la voie. Mais il faut choisir : soit nous nous réformons, soit nous nous effondrons”, conclut Mbikayi Mabuluki. Le mois d’août pourrait bien être le mois de vérité pour la coalition au pouvoir.
ITK



