
Jeudi, 30 mai 2024-Après la publication du gouvernement, nous enregistrons plusieurs revendications et déclarations basées plus sur des considérations provinciales, tribales et claniques qu’ idéologiques.
Dans une démocratie, le pouvoir est-il partagé entre forces politiques significatives ou entre tribus et provinces ? Nous trouvons légitimes les revendications des regroupements politiques représentatifs oubliés.
Et même là, on aurait voulu que tout se passe dans une certaine dignité. Crier sur tous les toits déshonore. On ferait mieux de s’adresser par des voies appropriées à l’autorité compétente qu’à faire des jérémiades médiatiques.
Quant aux revendications tribales, elles sont en partie justifiées par la disposition impertinente de la constitution qui exige la présence de toutes les provinces au Gouvernement.
Qu’est-ce qui se passerait si pour diverses raisons on arrivait à former un gouvernement de moins de 26 membres ?
Dans le cadre de la révision ou changement de la Constitution , cette disposition devra être élaguée ou reformulée autrement.
Politiquement et sans le mentionner dans la Constitution, pour plus de soutien à son équipe, un Premier Ministre devra œuvrer pour avoir le soutien des forces politiques significatives et des différentes communautés dans le choix de ses ministres.
Nous n’avons pas besoin de voir toutes les ethnies représentées au Gouvernement.
Nous avons plutôt besoin de voir toute la population se retrouver dans l’action gouvernementale.
Quelle satisfaction éprouverait un citoyen de voir un originaire de son clan qu’il ne connaît même pas être nommé ?
Pour plus de modernité, bannissons de plus en plus la notion des originaires.
Parlons des ressortissants de telle ou telle entité administrative. Nous n’avons jamais compris pourquoi un citoyen congolais né et habitant à Matadi , par exemple , qui n’a jamais visité le Katanga , province d’origine de ses parents quand il est nommé, on attribue ce poste au Katanga.
Il en est de même des élus kinois qu’on assimile toujours à leurs provinces d’origine .
Ça n’encourage pas le nationalisme. Nous devons œuvrer pour le changement de cette mentalité ; Cultiver le sentiment que nous développons quand il s’agit de la sélection des joueurs pour l’équipe nationale de football.
Chaque congolais veut que les meilleurs soient sélectionnés.
Personne ne revendique la présence des originaires de sa province dans l’équipe.
Dans le cadre de la formation de son Gouvernement, c’est le 1er Ministre qui , dans le but de s’attirer la sympathie du grand nombre de ses administrés qui devrait faire différentes combinaisons pour la sélection de ses ministres.
Forces politiques, origine ethnique, compétences…
Ce n’est pas à chaque clan de revendiquer d’être représenté.
Steve Mbikayi Mabuluki



