
Lundi, 16 février 2026-Rarement la RDC s’est trouvée en position aussi favorable. Trois évolutions majeures jouent aujourd’hui en sa faveur. D’abord, l’Union africaine est désormais présidée par Évariste Ndayishimiye, un chef d’État qui s’est toujours opposé à la violation de notre souveraineté et a déjà porté l’idée d’une force d’interposition à la frontière entre la RDC et le Rwanda.
Ensuite, la RDC de Tshisekedi siège comme membre non permanent au Conseil de sécurité, au cœur de l’organe qui fixe le rythme, le langage et parfois les sanctions dans les dossiers de paix et de sécurité.
Enfin, les accords conclus avec les USA de Trump autour de la paix RDC–Rwanda et des minerais critiques ont fait de notre stabilité un paramètre central de la sécurité économique américaine.
Combinés, ces trois facteurs créent un moment rare pour mettre rapidement fin à l’agression. La question devient : comment l’État congolais doit‑il se comporter, à Addis‑Abeba, à New York et à Washington, pour rendre impossible la poursuite de l’occupation de ses territoires ?
À l’UA, la RDC doit mettre sur la table des mécanismes précis : un suivi périodique de l’accord de paix devant les instances compétentes de l’UA, des missions d’enquête africaines sur le terrain, un cadre de sanctions continentales graduées en cas de non‑respect des engagements de retrait et de désarmement, ainsi que la mise en place d’une force d’interposition à la frontière.
Au Conseil de sécurité, notre siège doit devenir une plateforme d’initiative. La RDC peut inscrire régulièrement à l’agenda la question de l’agression, travailler avec ses partenaires, en particulier les autres membres africains, à des résolutions qui lient condamnation de l’occupation, calendrier de retrait, désarmement du M23 et mécanismes indépendants de vérification. Ce n’est qu’en faisant payer un coût d’image et de sanctions à la poursuite de la guerre que le rapport de forces pourra évoluer.
Avec les États‑Unis, enfin, la RDC doit parler le langage de la cohérence. On ne peut pas, en même temps, compter sur les minerais congolais pour sécuriser la transition énergétique mondiale et laisser perdurer un conflit qui fragilise durablement les zones de production.
Kinshasa doit poser une équation simple: la mise en œuvre des accords sur les minerais critiques et la paix avec le Rwanda doit être précédée par le retrait effectif des forces d’occupation. Sans paix, il n’y a pas de garanties sérieuses pour les investissements. Sans retrait, il n’y a pas de stabilité pour les chaînes d’approvisionnement.
Vu de Kinshasa, le peuple congolais, qui met beaucoup d’espoir dans le pragmatisme de Trump, reste pour l’instant désemparé: Kagame continue à le défier sans conséquences visibles, et le prestige du pays de l’Oncle Sam en est quelque peu entamé.
Reste un impératif interne : l’unité nationale sur l’essentiel. Si, à l’extérieur, la RDC réclame le respect de ses frontières mais qu’à l’intérieur certaines voix banalisent l’agression au profit d’un dialogue qui offrirait un répit à l’ennemi, la patrie restera affaiblie. Pour le moment, le fameux dialogue est un anesthésiant qui viendra estomper la dynamique en cours impulsée par le Président de la République.
La séquence qui s’ouvre ne durera pas éternellement. Le temps peut jouer pour la RDC, si nous savons transformer ces atouts en calendrier de retrait, en mécanismes de vérification, en sanctions ciblées et en engagements économiques conditionnés au respect de notre souveraineté.
Il peut aussi jouer contre nous, si nous ne savons pas exploiter pleinement ces avancées.
Soyons un État pivot qui assume ses responsabilités et utilise pleinement les leviers dont il dispose. C’est en agissant avec cohérence à Addis‑Abeba, à New York, à Washington et à Kinshasa que nous pourrons, enfin, espérer non pas une trêve précaire, mais la fin véritable de la guerre et le retour complet de la RDC dans ses droits.



