
Jeudi, 12 février 2026 – Le climat de malaise signalé au sein du Conseil d’État ne retombe pas. Après un premier mémo dénonçant des irrégularités présumées dans la désignation de Monsieur Manzenza Nosa Fabrice au poste de Secrétaire général, un deuxième document interne émanant des greffiers vient raviver les interrogations et appelle à des vérifications administratives approfondies.
Dans ce nouveau mémo, les greffiers insistent sur la question du numéro matricule du Secrétaire général. Ils rappellent que le matricule n° 779.298, attribué à Monsieur Manzenza depuis 2011, correspondrait au grade d’Attaché d’administration de deuxième classe (ATA2).
Cependant, ils s’interrogent : avec quel matricule l’intéressé aurait-il exercé ses fonctions dans d’autres juridictions avant 2011 ?
Les rédacteurs du document soutiennent par ailleurs que le matricule n° 557.132, qui appartiendrait à Madame Rehema Aliamini Nora, agente de l’Administration des finances, continuerait à être associé au nom du Secrétaire général dans certains documents administratifs.
Ils citent notamment : une décision d’organisation judiciaire de 2020 signée par Vunduawé ; un bulletin de paie de 2025 produit par le service FRAP de la Fonction publique.
Selon eux, la consultation du service FRAP permettrait d’établir clairement la situation administrative réelle et de déterminer si une confusion ou une utilisation irrégulière de matricule a pu se produire.
Référence maintenue à l’arrêté ministériel n°075/2020
Le deuxième mémo revient également sur l’arrêté n°075 du 17 décembre 2020 signé par la ministre de la Fonction publique de l’époque, Yolande Ebongo.
Les greffiers affirment que le nom de Monsieur Manzenza ne figurerait pas sur cet arrêté relatif au personnel du Conseil d’État. Ils estiment qu’une clarification officielle sur ce point est indispensable pour établir la régularité de son statut administratif au sein de la haute juridiction.
Les auteurs du mémo vont plus loin en affirmant que le Vice-Premier ministre en charge de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, aurait été « induit en erreur » dans le processus ayant conduit à la signature de l’arrêté de désignation du Secrétaire général.
Ils suggèrent que, si les irrégularités évoquées étaient confirmées, l’arrêté concerné devrait être modifié afin de rétablir la conformité aux textes régissant la carrière des agents publics.
Appel renouvelé à un audit administratif
Au-delà des cas individuels, les greffiers affirment agir « dans l’intérêt de l’institution ».
Ils demandent : la saisine formelle des services compétents de la Fonction publique ; un audit administratif sur les matricules, les grades et les éléments de paie ; la publication des pièces justificatives relatives à l’évolution administrative ayant conduit à l’élévation au grade de Directeur et à la désignation comme Secrétaire général.
Selon eux, seule une vérification transparente permettra de préserver la crédibilité du Conseil d’État et d’éviter que des soupçons persistants n’entachent l’image de cette haute juridiction administrative.
À ce stade, aucune réaction officielle n’a encore été rendue publique par les autorités compétentes. Les prochaines prises de position du ministère de la Fonction publique ou du Conseil d’État seront déterminantes pour éclairer l’opinion et apaiser les tensions internes.
ITK



