
Jeudi, 17 juillet 2025 – Face à la recrudescence des grossesses précoces en milieu scolaire, le Ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe, a plaidé ce mercredi pour une réponse fondée sur l’éducation, le dialogue et la responsabilité collective. C’était lors d’une matinée de socialisation organisée à l’Hôtel Sultani autour de l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité », par ONU Femmes et l’Ambassade de Norvège en RDC.
Dans une intervention particulièrement remarquée, le Porte-parole du Gouvernement a dénoncé les exclusions scolaires systématiques dont sont victimes de nombreuses jeunes filles enceintes, y voyant une injustice et une double peine.
« Faut-il priver une élève enceinte de son droit à l’éducation, au risque d’aggraver sa marginalisation et de compromettre son avenir ? », a-t-il lancé.
Patrick Muyaya a également mis en lumière les limites actuelles de l’encadrement familial et scolaire, soulignant l’hypocrisie de certains milieux éducatifs, notamment ceux sous gestion conventionnée, face aux questions de sexualité.
Il a rappelé que les jeunes d’aujourd’hui grandissent dans un monde saturé de contenus non filtrés via Internet et les réseaux sociaux, ce qui exige un accompagnement beaucoup plus rigoureux et ouvert.
« À notre époque, l’ORZT, devenu RTNC, était notre unique repère. Aujourd’hui, les jeunes sont exposés à tout, sans garde-fous. »
Un phénomène alarmant, une réponse politique courageuse
Selon l’Enquête Démographique et de Santé (EDS-RDC III, 2023–2024), près d’une jeune fille sur cinq, âgée de 15 à 19 ans, a déjà connu une grossesse — un phénomène encore plus marqué en milieu rural.
Cette situation résulte d’une combinaison de facteurs : pauvreté, absence d’éducation sexuelle, accès limité aux services de santé reproductive et violences basées sur le genre.
Dans ce contexte, le Ministre a salué la décision du Ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté de maintenir les filles enceintes à l’école. Une mesure conforme aux engagements internationaux de la RDC, notamment la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE) et la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF).
« Exclure une fille enceinte, c’est la pénaliser deux fois. Assurer la continuité scolaire, c’est rompre un cycle de vulnérabilité et protéger des vies. »
Il a également rappelé que 29 % des décès maternels concernent les adolescentes, un chiffre alarmant qui renforce l’urgence de politiques publiques cohérentes et protectrices.
Patrick Muyaya a appelé les médias à jouer un rôle central dans la sensibilisation à la santé reproductive, à travers des contenus non stigmatisants et accessibles.
Il a aussi insisté sur la nécessité d’impliquer les garçons et les hommes dans la prévention, en promouvant une paternité responsable et en luttant contre les violences sexuelles par l’application stricte des lois.
« Le maintien des filles enceintes à l’école n’est ni une faiblesse morale ni une complaisance éducative. C’est un engagement éthique, un choix de société et un impératif républicain », a-t-il conclu.
Par cette prise de position ferme, le Ministre Muyaya s’inscrit dans une vision inclusive et résolument tournée vers l’avenir, où chaque enfant, quelle que soit sa condition, doit avoir une chance de construire son avenir par l’éducation.
ITK



