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Ituri : le gouvernement provincial et la MONUSCO sensibilisent les populations de Djugu à la paix et à la cohabitation pacifique ! 

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Lundi, 22 décembre 2025-À Djugu, dans la province de l’Ituri, les communautés locales amorcent un retour progressif dans leurs villages après les récentes opérations militaires contre la milice CRP. Une dynamique encouragée par une campagne conjointe de sensibilisation menée par le gouvernement provincial et la MONUSCO, axée sur la paix, la cohésion sociale et la collaboration civilo-militaire.

Dans le territoire de Djugu, notamment à Bule, les populations déplacées annoncent leur retour progressif dans leurs villages respectifs. Cette décision intervient plus d’une semaine après les opérations des FARDC contre la milice CRP de Thomas Lubanga.

Les communautés se disent également disposées à collaborer étroitement avec les services de sécurité pour la consolidation durable de la paix dans la zone.

Ces engagements sont le fruit d’une campagne de sensibilisation organisée récemment à Bule et Fataki par le gouvernement provincial de l’Ituri, en partenariat avec la MONUSCO.

Une méfiance à dissiper après les combats
Selon la délégation conjointe gouvernement–MONUSCO, les affrontements récents entre les FARDC et la milice CRP ont engendré une méfiance notable, voire des sentiments anti-FARDC et anti-MONUSCO au sein de certaines communautés locales.

Cette situation a provoqué des déplacements de populations vers des zones reculées et favorisé, selon des sources sécuritaires, l’infiltration de miliciens dans des sites de déplacés, utilisant parfois les civils comme boucliers humains.

Pour inverser cette tendance, des séances de sensibilisation ont été organisées du 17 au 19 décembre à Bule et Fataki. L’objectif principal était de restaurer la confiance entre les populations affectées, les FARDC et la MONUSCO, tout en renforçant la protection des civils.

« Ces sensibilisations ont été très importantes dans le cadre du dialogue de proximité. Les communautés Lendu et Hema ont été profondément perturbées par les affrontements, avec des déplacements et des destructions de biens. Les Hema de la chefferie des Bahema Badjere se sont réfugiés chez les Lendu à Pitsi. Ces échanges ont permis de restaurer la confiance intercommunautaire et d’envoyer un message clair aux groupes armés : leur avenir passe par la RAD ou le PDDRC-S, et non par les armes », explique Dieudonné Cumo Kparri, chef du Secteur des Walendu Pitsi.

Il souligne également que ces actions ont renforcé le dialogue civilo-militaire et relancé les mécanismes de coexistence pacifique.

À l’issue de ces rencontres, les déplacés ont décidé de retourner dans leurs villages, de reprendre leurs activités socio-économiques et de coopérer de nouveau avec les services de sécurité, notamment les FARDC. Les communautés ont toutefois insisté sur le respect des droits humains, condition essentielle à une relation civilo-militaire apaisée.

Elles ont également plaidé pour l’intensification des patrouilles mixtes FARDC–UPDF–MONUSCO, ainsi que pour l’ouverture, au niveau provincial, d’un dialogue de proximité en faveur de la cohabitation pacifique.

Un accent particulier a été mis sur la nécessité d’éviter la stigmatisation des jeunes : « Il est dangereux d’assimiler sans preuves tout jeune Lendu à la CODECO ou tout Hema à Zaïre ou à la CRP. Dans ce contexte de guerre asymétrique, cela risque de pousser certains jeunes à la rébellion, alors que nous les encourageons constamment à se désolidariser des groupes armés », insiste Dieudonné Kparri.

Ce lundi 22 décembre 2025, la situation sécuritaire était jugée calme dans les secteurs des Walendu Pitsi et la chefferie des Bahema Badjere. Des patrouilles mixtes FARDC–MONUSCO ont pu circuler librement, sans hostilité de la population, signe tangible que les messages de sensibilisation ont porté leurs fruits.

Environ une centaine de participants, dont des autorités coutumières Lendu et Hema, des acteurs de la société civile et des représentants des déplacés de Lodha et Djaiba, ont pris part à ces activités.

Trésor Kamavu et Jean Tobie Okala

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