
Lundi, 1er décembre 2025-Au Kongo Central, province du sud-ouest de la République démocratique du Congo, la quasi-totalité des dix territoires disposent aujourd’hui de morgues opérationnelles. Seul le territoire de Kimvula attend encore l’achèvement de la construction de son infrastructure, dont la mise en service est annoncée pour bientôt.
Cette couverture provinciale en maisons de conservation a permis à de nombreuses familles d’organiser plus sereinement les obsèques de leurs proches.
Une avancée significative, comparée aux années antérieures où l’absence de morgues obligeait les familles à enterrer leurs défunts dans l’urgence, souvent dans des conditions précaires.
Mais malgré ces progrès, les morgues du Kongo Central peinent à se vider. Des études menées durant les vacances parlementaires par plusieurs députés provinciaux révèlent une situation alarmante : de nombreux corps d’indigents et de personnes vulnérables y séjournent depuis un, deux, trois, voire quatre ans sans inhumation.
Ce phénomène, devenu un véritable fléau, a été porté devant l’Assemblée provinciale lors de la plénière du mardi 25 novembre 2025.
Bien que cette séance fût essentiellement consacrée à l’étude et à l’adoption des projets d’édits portant réédition des comptes de l’exercice 2023, la problématique des morgues a retenu une attention particulière.
L’inquiétude des élus n’est pas seulement humanitaire. Les conditions de conservation sont régulièrement perturbées par l’instabilité de l’énergie électrique, exposant les morgues à des dysfonctionnements graves.
Les conséquences potentielles sont multiples : altération des corps, odeurs insupportables, risques épidémiologiques.
À cela s’ajoute un autre problème : la proximité de certaines morgues avec des habitations. Une situation contraire aux normes environnementales et sanitaires, qui expose les riverains à des maladies pouvant être contractées à partir de dépouilles abandonnées depuis trop longtemps.
L’Assemblée provinciale appelle à des mesures urgentes
Face à cette réalité préoccupante, le président de l’Assemblée provinciale, Victor Nsuami Mpaka, est appelé à agir.
La motion d’information introduite par un député de Mbanza-Ngungu recommande la saisine urgente de l’Exécutif provincial afin que des mesures immédiates soient prises.
L’objectif : procéder à l’inhumation rapide des « vieux cadavres » et désengorger les morgues, dont plusieurs manquent désormais d’espace pour accueillir de nouvelles dépouilles.
Une opération indispensable, tant pour des raisons sanitaires que pour restaurer la dignité due à chaque être humain, même après la mort.
Dieudonné MUAKA DIMBI



