
Mardi, 3 mars 2026-À Boma, dans la province du Kongo Central, la jeunesse hausse le ton. Depuis plusieurs années, dénoncent des leaders d’opinion locaux, les offres d’emploi publiées par certaines entreprises publiques profiteraient davantage à des candidats venus d’autres provinces ou recommandés par des autorités politiques, au détriment des compétences locales.
Excédés par ce qu’ils qualifient de « manœuvres sordides » et de pratiques opaques, ces jeunes, se réclamant de la société civile, ont décidé de passer à l’action pour réclamer plus de transparence et une priorité accordée aux natifs de la province lors des recrutements.
Pour faire entendre leur voix, les manifestants ont organisé des sit-in pacifiques devant plusieurs entreprises publiques implantées dans la ville portuaire, notamment : la Regideso ; la Congolaise des Voies Maritimes (CVM) ; l’Institut National de Promotion Professionnelle (INPP) et la Caisse d’Epargne du Congo (CADECO).
Banderoles à la main, les jeunes ont scandé des chants hostiles à l’endroit de certains responsables accusés de favoriser des recrutements « importés », au détriment des diplômés et techniciens du Kongo Central.
Selon eux, la province regorge de compétences capables d’occuper les postes vacants signalés dans ces entreprises, et il n’y aurait aucune justification valable à l’exclusion répétée des candidats locaux.
Après avoir sillonné plusieurs sites, les manifestants ont pris la direction de l’Hôtel de ville de Boma. Un mémorandum reprenant l’ensemble de leurs revendications a été officiellement déposé auprès de la maire ad intérim, Me Claudelle Phemba Kiadi.
Dans ce document, les signataires plaident pour : la transparence totale dans les processus de recrutement ; la publication claire et accessible des offres d’emploi ; la prise en compte prioritaire des compétences locales ; le respect strict des textes légaux en matière d’embauche dans la fonction publique et les entreprises publiques.
La maire a promis de transmettre le mémorandum aux autorités hiérarchiques provinciales et nationales compétentes, conformément au souhait exprimé par cette jeunesse engagée.
Pour de nombreux observateurs, la question de l’emploi local dépasse le simple cadre administratif. Elle touche à la cohésion sociale et à la stabilité provinciale.
Le Kongo Central, terre du prophète Simon Kimbangu et de Joseph Kasa-Vubu, premier Président de la République démocratique du Congo, est historiquement perçu comme un havre de paix.
Les jeunes estiment que la marginalisation persistante des compétences locales pourrait, à terme, engendrer frustrations et tensions sociales dans une province déjà confrontée au défi du chômage.
Qualifiée de citoyenne par ses initiateurs, cette mobilisation vise à interpeller les décideurs sur la nécessité d’appliquer équitablement la politique d’embauche dans les entreprises publiques opérant sur le territoire provincial.
Pour la jeunesse de Boma, il ne s’agit pas d’exclure d’autres Congolais, mais d’exiger l’équité, la transparence et la justice sociale dans l’accès à l’emploi, un levier stratégique pour le développement harmonieux du Kongo Central.
Dieudonné MUAKA DIMBI



