Okapinews.net
SociétéUne

Kongo Central – Matadi : La brigade anti-incendie d’État renaît de ses cendres, malgré les entraves !

publicite-candidat

Jeudi, 24 juillet 2024-Disparue des radars depuis plusieurs décennies, faute d’encadrement et de soutien institutionnel, la brigade anti-incendie d’État refait progressivement surface dans la ville portuaire de Matadi. Jadis fleuron de la sécurité civile locale, cette structure avait été abandonnée, les encadreurs d’alors ayant jeté l’éponge, laissés à leur triste sort.

Aujourd’hui, elle renaît de ses cendres grâce à une dynamique relancée au sein du Service technique de l’administration publique (STA), en plein centre-ville, où un local lui a été réattribué. Cette initiative fait suite à la recrudescence inquiétante des incendies dans la capitale provinciale du Kongo Central.

La relance de cette brigade trouve son origine dans l’engagement d’un bienfaiteur anonyme, présenté comme un « fils du terroir », qui a fait appel à une équipe de professionnels dirigée par Gustave Omekongo Omambudi, actuel chef de brigade provincial.

Des anciens sapeurs pompiers, figures historiques de cette brigade, ont également répondu à l’appel. Parmi eux : Fleming Mbuku Mbeni, Chryceul Tsasa Tsasa, Emmanuel Makuanga Pasi, Imiran Tukondolo Mbanza, Salomon Elesse, Brollin Ngimbi Ngimbi, Fabrice Atumenga Atueka et Dieu Tondele Mabungu Kabongo. Ensemble, ils ont entrepris la formation de 80 jeunes recrues, dont certains sont déjà matriculés et attendent leur mécanisation.

Des obstacles administratifs et politiques

Malheureusement, l’opérationnalisation de ces nouvelles recrues est bloquée par des manœuvres politiciennes. Certaines autorités, qualifiées de « malintentionnées », s’acharnent à créer des brigades parallèles, semant la confusion et freinant le retour en force de la brigade d’État.

Pourtant, il est établi qu’une seule brigade anti-incendie est reconnue par la législation congolaise, celle créée en 1931, devenue corps de sapeurs pompiers par l’ordonnance n°61-23 du 10 janvier 1958. C’est cette structure étatique qui a pour mission officielle la prévention et l’extinction des incendies sur tout le territoire national, et non les services d’intervention en cas de catastrophes naturelles.

Des brigades parallèles pointées du doigt

Parmi les structures accusées d’ingérence figurent le ministère de l’Intérieur, la Police nationale congolaise (PNC), l’Office congolais de contrôle (OCC) et la Société nationale d’assurances (SONAS), qui ont chacune mis en place leur propre brigade. Or, un message officiel du Vice-Premier ministre, ministre de l’Intérieur, en date du 12 août 2024, a pourtant ordonné la suspension de toute initiative parallèle, en attendant une nouvelle réglementation du secteur.

Malgré cette injonction, ces brigades dites « parallèles » continuent d’opérer dans l’indifférence des autorités compétentes, ce qui alimente l’anarchie dans un domaine aussi sensible que la sécurité incendie.

L’indifférence du gouvernement provincial

Au Kongo Central, le désintérêt affiché du gouvernement provincial, censé accompagner la brigade d’État, alimente la frustration. Selon des sources concordantes, le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo n’a jamais daigné recevoir les responsables de la brigade, en dépit de leurs multiples sollicitations officielles.

Une attitude jugée incompréhensible et suspecte par plusieurs observateurs, qui y voient la main invisible d’une hiérarchie agissant pour ignorer volontairement l’existence de la brigade officielle.

Des besoins urgents pour une mission cruciale

Pour remplir efficacement sa mission, la brigade demande le strict nécessaire : des tenues professionnelles aux normes internationales, la prise en charge de son personnel, du matériel de lutte contre les incendies, et trois véhicules d’intervention, un pour chacune des trois communes de Matadi : Nzanza, Matadi et Mvuzi.

Gustave Omekongo promet qu’avec ces moyens, le taux d’incendies à Matadi pourrait non seulement baisser de manière significative, mais aussi que la brigade étatique pourrait assurer des recettes importantes pour le Trésor public, recettes actuellement captées par des entreprises comme l’ONATRA ou Matadi Gateway Terminal (MGT), seules à disposer de véhicules d’intervention.

Vers un arbitrage nécessaire

Face à ce conflit latent entre brigade officielle et brigades parallèles, de nombreuses voix s’élèvent pour réclamer un arbitrage national clair, afin de redonner à la brigade d’État son monopole légal et fonctionnel. Une question de sécurité publique, mais aussi de souveraineté institutionnelle.

Dieudonné MUAKA DIMBI

publicite-candidat

Liens Pertinents