
Beni, 2 juin 2026 – Dans le territoire de Beni, en province du Nord-Kivu, la chefferie de Watalinga et le secteur de Rwenzori viennent de franchir une nouvelle étape dans le renforcement de la gouvernance sécuritaire locale à travers l’actualisation de leurs Plans Locaux de Sécurité (PLS), avec l’appui de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO).
Initialement élaborés en 2019 dans le cadre du projet « Ensemble pour Beni », ces plans avaient pour objectif de renforcer les mécanismes communautaires de prévention et de gestion des menaces sécuritaires.
Devenus progressivement obsolètes depuis 2022 en raison de l’évolution du contexte local, ils ont été révisés afin de mieux répondre aux défis actuels qui affectent cette partie du Nord-Kivu.
Le processus d’actualisation s’est déroulé du 25 au 30 mai 2026 dans les localités de Kamango et Mutwanga. Il a mobilisé près de 60 participants issus des autorités politico-administratives, des services de sécurité et de la société civile.
Parmi les personnalités impliquées figuraient notamment le Mwami de Watalinga, Sa Majesté Mwami Bhalitusuka Saa Mbili IV Pascal, le chef du secteur de Rwenzori Japhet Kasereka Mapati, ainsi que plusieurs chefs de groupements.
Les représentants de l’Agence nationale de renseignements (ANR), de la Police nationale congolaise (PNC) et de la Direction générale de migration (DGM) ont également pris part aux travaux.
Des organisations de la société civile, des jeunes et des associations féminines ont été associées au processus afin de garantir une approche inclusive et participative.
Ensemble, les participants ont conduit un diagnostic sécuritaire participatif permettant d’identifier les principales menaces et de proposer des réponses adaptées aux réalités du terrain.
En prélude à ces travaux, une session de renforcement des capacités organisée avec l’appui de l’Inspection Générale de la Territoriale (IGETER) a permis aux participants d’approfondir leurs connaissances sur la gouvernance sécuritaire locale, notamment sur le fonctionnement des Comités Locaux de Sécurité (CLS) et des Conseils Locaux de Sécurité de Proximité (CLSP).
Dans le secteur de Rwenzori, les nouvelles orientations stratégiques mettent en avant six priorités majeures : la porosité des frontières, l’impraticabilité des routes, la circulation des monnaies étrangères au détriment du franc congolais, l’activisme persistant des rebelles ADF, les conflits fonciers, ainsi que les phénomènes de toxicomanie et de prostitution.
« Ce plan tient compte des réalités du terrain. Il définit une vision claire, des priorités concrètes et des mécanismes de collaboration destinés à prévenir l’insécurité, renforcer la cohésion sociale et instaurer un climat de confiance entre la population et les institutions », a déclaré le chef du secteur de Rwenzori, Japhet Kasereka Mapati.
Dans la chefferie de Watalinga, les participants ont identifié cinq problématiques prioritaires : le banditisme armé, les conflits fonciers, les différends liés aux limites du Parc national des Virunga avec les communautés riveraines, la menace de la maladie à virus Ebola ainsi que l’activisme des ADF.
Le président de la jeunesse du secteur de Rwenzori, Nzangura, a salué les avancées réalisées au cours du processus. Il a insisté sur le rôle déterminant des jeunes dans la consolidation de la paix et le rétablissement de la sécurité à travers une collaboration renforcée avec les autorités locales.
Les nouveaux Plans Locaux de Sécurité serviront désormais de feuille de route pour les trois prochaines années. Ils devront permettre une meilleure coordination des interventions sécuritaires, renforcer la protection des civils et favoriser une gestion participative des défis sécuritaires dans cette zone en proie à l’insécurité.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’appui continu de la MONUSCO aux mécanismes institutionnels de protection des populations civiles et de sa stratégie globale de transition en République démocratique du Congo.
Trésor KAMAVU, Jean Tobie Okala et Clément Ngoma



