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Partenariat économique USA-RDC : Cedric Mudiantu tire la sonnette d’alarme !

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Mercredi, 3 décembre 2025-Il fallait bien que quelqu’un le dise sans gants. Cédric Mudiantu, expert en finances publiques, a choisi de briser la politesse diplomatique. Pour lui, le grand partenariat économique RDC–USA, vendu comme l’aubaine du siècle au lendemain de l’accord de Washington, ressemble de plus en plus à une illusion administrative sous perfusion de communication politique. Pendant que Kinshasa rêve d’investissements américains massifs des centaines de millions de dollars, rien que ça, la réalité, elle, est révélée par la Millennium Challenge Corporation (MCC) : « la RDC régresse. Et pas qu’un peu ».

Selon le Scorecard 2026 fraîchement publié, le pays passe de 6 indicateurs validés sur 20 l’an dernier à 4 sur 22 aujourd’hui. « Un score qui ferait pâlir un étudiant en rattrapage », se moque-t-il.

Et pourtant, a-t-il rappelé, entre 2021 et 2023, la RDC avait connu une progression inédite. De 3 indicateurs validés à 7, un record national obtenu sous le suivi technique serré du ministère des Finances sous le leadership de Nicolas Kazadi, après la rupture du CACH-FCC. Une époque où l’on parlait encore de rigueur financière et de gestion publique sans acrobaties. « De l’ascension à la dégringolade », regrette-t-il.

Hélas, le pays que dirige Félix Tshisekedi se retrouve reléguée dans le bas-fond des 105 pays évalués, et échoue sur les trois critères fondamentaux : gouvernance juste, investissement dans le capital humain et liberté économique.

« Trois impératifs dont les données sont puisées auprès d’institutions indépendantes comme la Banque mondiale, Freedom House ou l’UNESCO. Impossible de négocier le correcteur », fait-il remarquer.

La ligne rouge

Le membre de la majorité présidentielle, Mudiantu souligne que le Scorecard, ce n’est pas une décoration murale : c’est la Bible des investisseurs et bailleurs internationaux. « Avec un mauvais score, les financements américains ne sont pas juste retardés, ils s’envolent », a-t-il prévenu.

Pendant ce temps, dans la sous-région EAC, seuls le Kenya et le Rwanda passent le cap et s’apprêtent à encaisser les fonds MCC. Congo-Kinshasa, lui, ferme la marche, talonnée uniquement par l’indifférence.

Et puisque l’ironie n’a pas peur du contraste, le Rwanda sanctionné hier pour son rôle dans l’agression de la RDC apparaît aujourd’hui plus “crédible” que Kinshasa aux yeux des financiers américains.

Mudiantu y voit un retournement dangereux, capable de renverser l’équilibre du partenariat économique voulu par Washington dans le sillage du processus de paix.

Accord de Washington : paix politique, panne économique

Au moment où Tshisekedi espère convertir l’accord de paix avec Kigali en tremplin économique, le Scorecard MCC rappelle brutalement que la paix politique ne suffit pas si la gouvernance patine.

Pour attirer les investissements que Washington réserve aux performants, encore faut-il performer. Et le pays, selon Mudiantu, semble préférer la navigation à vue à la maîtrise du cap.

Il appelle donc à requalifier l’action gouvernementale, notamment en revenant aux fondamentaux : investissement dans le capital humain, accès aux soins, discipline budgétaire… bref, tout ce qui se dégrade actuellement.

Alerte rouge

Le rapport MCC propulse le Rwanda devant la RDC en matière de gouvernance, malgré les accusations de soutien à la guerre dans l’est.

Pendant que Kinshasa s’enlise dans les mauvais scores, Kigali se glisse dans le fauteuil du “partenaire fiable” pour accueillir les dollars américains.

Un comble, un paradoxe, un message clair. Les financements vont à celui qui coche les cases, pas à celui qui raconte l’histoire la plus tragique. Aux yeux de Cédric Mudiantu, impossible de se cacher derrière les polémiques politiciennes.

Le Scorecard MCC est une interpellation sévère, un miroir sans filtre, un avertissement stratégique pour la RDC surtout à l’heure où elle prétend stabiliser le pays et redéfinir son partenariat économique avec les États-Unis.

À l’international, les discours politiciens ne servent pas à corrompre les yeux des experts face aux indicateurs de performance, ils servent plutôt à endormir les populations pour détourner leur attention de l’improductivité de ceux qui echouent dans leurs secteurs.

En seulement deux ans, l’image réhabilitée de la RDC redevient sombre et peut-être pire qu’avant face aux aspirations d’un peuple paupérisé depuis des décennies et qui, saluait déjà le relèvement économique du géant Congo dont autonomie financière avait assuré l’accès gratuit à l’éducation de base, la couverture santé notamment la gratuité de la maternité, la construction des infrastructures de base, la régularité de paiement…, grâce à la croissance exponentielle du budget et des réserves des changes avec ́e concours des partenaires de Brettonwood qui ont cru en la bonne gestion, la rigueur ainsi que les réformes qualitatives proposées.

Les hommes mentent, mais les faits restent sacrés

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