
Dimanche 27 juillet 2025—Le 29 avril 2024, dans l’enceinte solennelle de l’Assemblée provinciale, Paulin Lendongolia Lebabonga, alors candidat gouverneur, frappait fort et frappait juste : « Si dans six mois il n’y a aucun signe de changement, je démissionnerai. »
Cette phrase, lancée comme un serment de rupture avec les pratiques d’inaction, avait électrisé l’hémicycle. Dans une province lassée des promesses sans lendemain, elle sonnait comme l’engagement ferme d’un homme décidé à incarner le changement.
Mais seize mois après son investiture par ordonnance présidentielle (le 5 juin 2024) et huit mois après l’investiture de son gouvernement par l’Assemblée provinciale (le 31 octobre 2024), la réalité est sans appel : rien n’a changé.
Aucune réalisation notable. Aucun projet structurant impulsé par le gouvernorat. Aucune amélioration palpable dans le quotidien des Tshopolais. Et surtout, aucune démission à l’horizon.
Lendongolia a-t-il sciemment flatté les oreilles des élus pour se faire élire, à la manière du corbeau dupé par le renard ? Ou bien s’est-il retrouvé, une fois au sommet, confronté à l’étendue de ses propres limites ?
Sa déclaration n’était pas une simple promesse électorale ; elle avait valeur de contrat moral avec le peuple. Aujourd’hui, en l’absence d’un moindre bilan, une question plus fondamentale se pose : où passent les recettes publiques de la Tshopo ? Que fait le gouvernement provincial des moyens qu’il mobilise ?
Ironie du sort : pendant que le gouvernorat peine à imposer sa marque, Kisangani se transforme en un vaste chantier, mais grâce à Kinshasa.
– Plus de 80 km de voirie urbaine sont en pleine réhabilitation.
– L’éclairage public renaît progressivement.
– L’aéroport international de Bangboka modernisé ; la route qui y mène en réfection avancée.
Les axes routiers majeurs vers Isangi, Basoko, Ubundu, Opala et Bafwasende remis à neuf, facilitant la circulation des biens agricoles.
Un financement record de 59 millions USD du FRIVAO pour l’électrification de Kisangani, et 4 millions USD pour la rénovation du Jardin zoologique et botanique.
Aucune de ces avancées ne porte la signature du gouvernement provincial. Tout — ou presque — est le fruit de l’engagement du pouvoir central et du lobbying actif des députés nationaux et provinciaux.
Alors que Kinshasa et les élus font avancer les choses, le silence du gouverneur Lendongolia devient assourdissant. Son mutisme sur son propre engagement interroge. Qu’attend-il pour tirer les conséquences de son échec annoncé ?
A-t-il oublié ses propres mots ?
« Si dans six mois il n’y a aucun signe de changement, je démissionnerai. »
Le peuple de la Tshopo n’a pas la mémoire courte. Ce rappel vaut exigence.
JKS



