Mardi, 25 août 2026-L’immeuble Flamboyant, situé dans la commune de la Gombe, est devenu depuis ce lundi 24 août 2026 l’un des symboles de la lutte contre l’insalubrité à Kinshasa. Dès 4 heures du matin, les équipes de la Task force présidentielle chargée de l’assainissement ont investi les lieux pour s’attaquer à une situation qui, au fil des mois, s’était progressivement dégradée.
Caniveaux complètement bouchés, eaux stagnantes, conduites défectueuses, déchets accumulés et mauvaises odeurs : le constat dressé sur place révèle un problème qui dépasse largement la simple présence de détritus.
Dans les parties communes de l’immeuble, l’humidité a gagné les murs, tandis que les odeurs persistantes témoignent de la défaillance du système d’évacuation des eaux usées. Une situation devenue particulièrement préoccupante pour les occupants, mais également pour l’environnement immédiat de cet immeuble appartenant à l’État.
Au cœur du problème, la défaillance de la fosse septique apparaît comme l’une des principales causes de cette situation.
Selon le constat effectué sur place, l’installation ne serait plus fonctionnelle depuis plusieurs mois. Les eaux usées et les matières fécales se retrouvent ainsi dans les caniveaux, avec pour conséquence une accumulation d’eaux stagnantes et une dégradation progressive de l’environnement autour de l’immeuble.
Pour la Task force, il ne peut donc être question de se limiter à une opération de nettoyage.
Le curage des caniveaux et l’évacuation des déchets permettront certes de rétablir un minimum de salubrité, mais ils ne régleront pas le problème de fond. Une nouvelle fosse septique devra être construite et les conduites défectueuses devront être prises en charge afin de mettre durablement fin aux déversements d’eaux usées.
Les travaux liés à cette remise en état devront être financés par les occupants de l’immeuble.
Une mobilisation directe des occupants
L’intervention de la Task force s’est également traduite par une implication directe des habitants de l’immeuble. Sur ordre des équipes déployées sur le site, les occupants ont été mobilisés pour participer aux travaux d’assainissement.
Une manière, pour les autorités, de rappeler que la salubrité ne relève pas uniquement de l’action de l’État. Elle constitue également une responsabilité quotidienne des occupants, des syndics et des gestionnaires d’immeubles.
Les hommes de Kasongo Kabwik affichent, à cet égard, une ligne particulièrement ferme : il faut mettre fin au laisser-aller qui, selon eux, a progressivement élu domicile dans plusieurs espaces de la capitale.
L’objectif n’est plus de fermer les yeux sur les situations d’insalubrité jusqu’à ce qu’elles deviennent critiques, mais d’intervenir, de responsabiliser les occupants et d’exiger des mesures correctives.
Une volonté présidentielle traduite sur le terrain
Cette opération s’inscrit dans la dynamique impulsée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en faveur de la restauration de l’ordre, de la salubrité et de la discipline dans la capitale.
Sur le terrain, la Task force entend traduire cette volonté politique en actions concrètes.
Le cas de l’immeuble Flamboyant illustre cette approche : identifier les foyers d’insalubrité, intervenir directement, contraindre les responsables à prendre des mesures et surtout éviter que les mêmes situations ne se reproduisent.
Car derrière les déchets visibles se cache souvent un problème beaucoup plus structurel : absence d’entretien, équipements défectueux, canalisations mal entretenues et manque de suivi des infrastructures sanitaires.
À Flamboyant, le nettoyage constitue donc seulement la première étape. La réhabilitation du système d’évacuation et la construction d’une fosse septique fonctionnelle devront permettre de s’attaquer aux causes profondes du problème.
Le syndic reconnaît les manquements
Confrontée au constat dressé par la Task force, la présidente du syndic de l’immeuble Flamboyant a reconnu la nécessité d’une prise en charge plus rigoureuse de l’entretien.
« En tant que présidente du syndic de l’immeuble Flamboyant, je tenais tout d’abord à présenter nos excuses dans l’ensemble à la Task force et à Son Excellence Monsieur le Président de la République pour tous ces désagréments causés à l’immeuble Flamboyant, qui est un bien de l’État », a-t-elle déclaré.
Elle a également pris l’engagement de renforcer la prise en charge de l’immeuble.
« Nous nous engageons à prendre en charge, à nous occuper de la canalisation, de l’entretien de l’immeuble, de la salubrité et nous promettons qu’à l’avenir, il n’y aura pas ce genre de désagréments », a-t-elle ajouté.
Cette déclaration traduit une prise de conscience de la nécessité d’un entretien permanent. Pour la Task force, l’enjeu est désormais de s’assurer que ces engagements soient effectivement suivis d’actions concrètes.
De Flamboyant à d’autres immeubles
L’opération menée à Flamboyant pourrait également marquer le début d’une campagne beaucoup plus large.
La Task force annonce en effet des inspections dans plusieurs autres immeubles, aussi bien publics que privés. Ces contrôles devraient permettre d’identifier les bâtiments présentant des problèmes similaires et d’exiger, le cas échéant, des mesures de remise en état.
Cette perspective donne une dimension nouvelle à l’opération. Flamboyant ne serait plus un cas isolé, mais un signal adressé à l’ensemble des gestionnaires d’immeubles de la capitale.
Propriétaires, syndics, gestionnaires et occupants sont désormais appelés à prendre leurs responsabilités dans l’entretien des bâtiments et de leurs installations sanitaires.
L’expérience de l’immeuble Flamboyant pose finalement une question essentielle : comment garantir que les opérations d’assainissement produisent des effets durables ?
Car nettoyer un caniveau aujourd’hui ne suffit pas si les déchets y sont à nouveau déversés demain. Curé, un canal redeviendra rapidement impraticable si les conduites continuent de fuir ou si les systèmes d’évacuation restent défectueux.
La véritable bataille se situe donc dans la durée.
Elle implique un entretien régulier, une surveillance des infrastructures, une responsabilisation des occupants et une réaction rapide dès les premiers signes de dégradation.
À Flamboyant, la Task force présidentielle veut précisément installer cette nouvelle logique : ne plus attendre que l’insalubrité devienne une crise pour agir.
L’opération constitue ainsi à la fois une intervention sanitaire, une opération de remise en ordre et un avertissement adressé à ceux qui laisseraient leurs immeubles se dégrader sans prendre les mesures nécessaires.
Flamboyant pourrait donc être le premier d’une longue liste. Dans les prochains jours et semaines, d’autres immeubles pourraient être inspectés à Kinshasa.
Le message est désormais clairement affiché : la salubrité de la capitale ne doit plus être considérée comme une responsabilité occasionnelle des autorités. Elle doit devenir une discipline quotidienne, avec des responsabilités clairement établies et, lorsque cela s’impose, des mesures correctives à la charge des occupants et gestionnaires concernés.
À l’immeuble Flamboyant, le nettoyage est en cours. Mais au-delà des déchets évacués et des caniveaux curés, c’est surtout une nouvelle exigence de responsabilité et de discipline que la Task force entend désormais imposer dans la gestion des immeubles de la capitale.
ITK


