
Lundi, 14 juillet 2025-La Société Civile d’Oïcha, chef-lieu du territoire de Beni, exige le départ de la Bourgmestre Kavira Mwenge Eugénie. Les Forces bives de la société civile noyau d’Oïcha ont exprimé ce désaveu dans une lettre adressée au Gouverneur de la Province, Kakule Somo Evariste.
Dans ce document, la société civile dénonce ce qu’elle qualifie de mauvaise gouvernance, marquée par une série de défaillances et une détérioration alarmante de la situation sécuritaire au sein de la commune.
Les Forces Vives dressent un tableau sombre des événements récents, caractérisés par une recrudescence de la criminalité. Au cours des trois derniers mois, la commune a connu des cambriolages fréquents, des tueries ciblées et des kidnappings d’enfants, dont les corps ont été retrouvés mutilés. Des conducteurs de motos-taxis ont également été assassinés, tandis que des cas de vandalisme et de cambriolage ont touché des dépôts de cacao et des commerces locaux, souvent accompagnés d’intimidations de la part de patrouilleurs non identifiés.
Sur le plan de la gouvernance, l’inefficacité de l’administration communale est mise en lumière. Malgré les efforts de l’Administrateur du Territoire et d’autres partenaires, la Bourgmestre a fait preuve d’absence lors des réunions essentielles et d’un manque de réceptivité aux conseils des autorités hiérarchiques. Son attitude méfiante et son désengagement dans les formations et ateliers de renforcement des capacités soulignent une déconnexion préoccupante avec les attentes de la population.
« Négligence, retard notoire, manque d’intérêt dans la participation aux formations et ateliers de renforcement des capacités, pourtant essentiels pour pallier les insuffisances dans la maîtrise des outils et textes relatifs à la gouvernance. De plus, elle délègue des personnes en dehors du cadre administratif lors de réunions purement administratives et techniques », lit-on dans ce document.
Les Forces Vives dénoncent également des irrégularités budgétaires, telles que l’absence d’évaluation du budget 2024 et le non-respect des procédures de gestion financière. Elles démontrent que ces manquements ont conduit à une gestion opaque des finances publiques, marquée par la corruption et le détournement de fonds, entraînant une perte de confiance des citoyens et entravant le développement économique de la commune.
Face à cette situation critique, les Forces Vives de la Société Civile appellent à une action rapide des autorités pour remédier à cette crise. « Au vu de cette incompétence et incapacité à maintenir et stabiliser la gouvernance sur le plan administratif et sécuritaire, les Forces Vives de la Société Civile Noyau d’Oïcha exigent en urgence le remplacement immédiat de Madame la Bourgmestre Kavira Mwenge Eugénie à la tête de la commune d’Oïcha », poursuit le document.
Elles avertissent que sans une réponse adéquate, la colère de la population pourrait se traduire par des soulèvements. « Si aucune action n’est entreprise dans un bref délai, nous, Forces Vives de la Société Civile, ne pourrons pas gérer les éventuels soulèvements de la population mécontente de cette mauvaise gouvernance », conclut ce document signé par 27 membres des différentes structures composant la société civile d’Oïcha.
Rappelons que la nouvelle Bourgmestre d’Oïcha avait été installée le 30 septembre 2024. Plus d’un mois après à la tête de la commune, c’est le conseil communal de la jeunesse qui lui avait reproché un chapelet de griefs dans une déclaration, notamment des dépenses excessives et le départ avec le sceau de la commune.
Samuel Kitha Mwerivwa K.



