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Kongo Central : Matadi de nouveau sous la hantise d’une insécurité généralisée !

Dimanche, 4 octobre 2026-Après quelques mois d’accalmie constatée dans la ville portuaire de Matadi, chef-lieu de la province du Kongo Central, grâce aux nombreuses opérations initiées aussi bien par les autorités provinciales, urbaines que nationales, notamment à travers « Kumbanki mbi ko » et autres, l’insécurité, toujours elle, y a de nouveau pris des allures on ne peut plus vertigineuses, à telle enseigne qu’il est actuellement difficile de voir passer une semaine sans qu’un cas de cambriolage, de braquage ou de criminalité ne soit signalé.

Pour étayer nos assertions, de nombreux cas susmentionnés ont été vécus dans plusieurs coins et recoins de Matadi, au cours du seul mois de septembre 2026.

Notez que, le 3 septembre, un jeune homme de 22 ans, répondant au nom de Jérémie Kianga Phambu, a été criblé de trois balles lors d’un braquage au niveau du quartier A/15, à Mvuadu, par des criminels. Il a succombé à ses blessures.

Quatre jours seulement après, soit du 7 au 8 du même mois, ce fut le tour d’un motocycliste, qui a été tué par balle par un policier, devant le bâtiment administratif de la commune de Matadi. Les violences qui ont suivi cet acte odieux ont notamment entraîné l’incendie de 26 véhicules et de 6 motos, garés sur le terrain de la maison municipale par leurs propriétaires, en vue de mieux les sécuriser la nuit après les avoir utilisés toute la journée.

Ce n’est pas tout. Une semaine plus tard, soit le 15 du même mois, six maisons d’habitation, toutes situées au quartier Salongo, dans la commune de Matadi, ont été visitées par des hors-la-loi à la suite d’une incursion nocturne menée par ces derniers. Bilan : un jeune homme, qui avait tenté de résister, a disparu dans la nature et demeure introuvable jusqu’à ce jour.

Quant à la journée du 29 septembre 2026, elle a été marquée par deux faits majeurs, caractérisés notamment, d’une part, par l’affrontement, en pleine journée, de deux camps de kulunas aux encablures de Winners School, un endroit situé non loin de l’ISIPA, et, d’autre part, par l’explosion de deux grenades lacrymogènes lancées par un policier au rond-point Belvédère, reliant les communes de Nzanza et de Mvuzi, lors d’une altercation entre ce dernier et un jeune homme non autrement identifié. Heureusement, dans les deux cas, aucun incident majeur n’a été déploré.

Enfin, dans la nuit du 30 septembre au 1er octobre 2026, plusieurs quartiers de la ville de Matadi ont été confrontés à des actes criminels, notamment A/15, Tsasa-di-Tumba, Bon Coin, Baobab, ITECOM, etc. Les victimes, ayant reçu des coups de machette, dont certaines se trouvent encore dans un état critique, sont actuellement internées dans différents centres hospitaliers de la place.

Face à tous les cas ci-dessus épinglés, d’aucuns tirent cependant à boulets rouges sur les autorités locales, dont le maire de la ville, le commandant urbain de la police, voire le gouverneur de province, qu’ils accusent, à tort ou à raison, d’avoir abandonné la population à son triste sort.

Ils oublient que les précités, selon plusieurs témoignages recueillis auprès de nombreux habitants de Matadi, ne dorment pas sur leurs lauriers. Ils sont plutôt partout et presque chaque nuit pour sécuriser leurs administrés, pendant que tous les autres dorment paisiblement chez eux.

Sécurité renforcée par la mise en œuvre de nouvelles stratégies

Il est vrai que Matadi vit sous la hantise d’une insécurité généralisée, comme c’est également le cas dans plusieurs autres grandes villes de la République démocratique du Congo. Mais cela ne veut pas non plus dire qu’il faudrait à tout prix saper les efforts des autorités dans leur lutte contre le banditisme urbain. Le souci de la population est aussi le leur. C’est ce que semblent oublier certaines personnes malintentionnées.

Conscients de l’insécurité qui prend de plus en plus des proportions très inquiétantes à Matadi, le maire Dominique Nkodia Mbete, ainsi que l’ensemble de son équipe urbaine, en dépit de toutes les critiques, viennent de réaffirmer leur ferme engagement à mettre hors d’état de nuire tous les criminels qui sèment le désordre et la désolation parmi leurs administrés.

Dans cette perspective, ils viennent, contre vents et marées, de mettre en place de nouvelles stratégies de sécurisation des personnes et de leurs biens.

À peine mises en œuvre, celles-ci donnent déjà les résultats escomptés. Pour preuve, dans la nuit du samedi 3 au dimanche 4 octobre 2026, six présumés criminels, dont quatre garçons, parmi lesquels un certain Blado, présenté comme le chef d’un gang, ainsi que deux filles, soupçonnés d’opérer dernièrement vers A/15 et Baobab, sont tous tombés dans le filet des éléments patrouilleurs, constitués notamment de policiers et de militaires des FARDC.

Cela s’est produit au cours d’une opération dirigée personnellement par l’autorité urbaine, dans un bar situé au quartier Trabeka, grâce à une alerte lancée par les résidents dudit quartier, qui avaient repéré les suspects et surveillé leurs mouvements alors qu’ils s’apprêtaient à commettre d’autres forfaits dans le même quartier.

Il sied de signaler qu’auparavant, cinq autres présumés criminels, soupçonnés, eux aussi, d’être impliqués dans plusieurs actes délictueux tant décriés à travers la ville, avaient également été appréhendés et présentés au public devant le Commissariat urbain de la police, situé au rond-point 24/15, qui était plein à craquer.

C’était en présence de Ruffin Kisilu, député provincial élu de la circonscription électorale de Matadi, ainsi que du ministre provincial ayant l’Intérieur et la Sécurité dans ses attributions.

Les responsables locaux de la justice interpellés

Tous ceux qui suivent de près l’évolution de la situation sécuritaire de Matadi et qui reconnaissent les efforts de titan que ne cessent de déployer les autorités urbaines dans leur combat visant à réduire le taux d’insécurité devenu monnaie courante dans cette ville, pointent également un doigt accusateur en direction des responsables de la justice qui, selon eux, auraient une part de responsabilité dans l’insécurité qui règne à Matadi, étant donné qu’ils auraient toujours sapé lesdits efforts, au lieu de les accompagner.

Cela se traduit, martèlent-ils, par le fait que la plupart des personnes reconnues coupables et mises à leur disposition sont souvent libérées quelques jours seulement après leur arrestation, au lieu d’être jugées et sanctionnées conformément aux lois du pays, surtout en cas de récidive.

Pour l’homme de la rue, qui ne comprend absolument rien à ces procédures, lorsqu’il se retrouve devant quelqu’un qu’il avait vu arrêter et qui circule de nouveau librement dans les rues de Matadi, sans qu’une vérification préalable des faits ne soit effectuée, il s’en prend directement aux autorités urbaines, qu’il accuse de tous les maux du monde, oubliant que celles-ci ont fait leur travail comme il se devait.

Le même constat a également été fait par l’élu de Matadi, Ruffin Kisilu, qui, en ce qui le concerne, a invité les responsables de la justice à se surpasser et à faire montre d’une certaine rigueur dans le traitement de certains dossiers sensibles, à l’exemple de ceux concernant les hors-la-loi qui sont souvent relâchés après leur arrestation et, parfois, sans raison valable.

Pour sa part, Dominique Nkodia Mbete, qui a réaffirmé sa volonté de poursuivre les opérations de sécurisation de ses administrés, invite, quant à lui, sa population à collaborer avec la police, tout en dénonçant les personnes suspectes étrangères identifiées dans leurs quartiers respectifs.

Dieudonné Muaka DIMBI 

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