Lundi, 20 juillet 2026-Demander à l’opposition d’annuler la marche du 22 juillet reviendrait à s’inscrire dans le scénario qu’elle semble avoir elle-même prévu. En retenant, le palais de la nation, un itinéraire manifestement incompatible avec les impératifs de l’ordre public, les organisateurs chercheraient une interdiction par l’autorité urbaine, pour transformer cette perspective en argument politique potentiel.
À cette dimension tactique s’ajoute une donnée plus concrète : la capacité réelle de mobilisation. À ce stade, rien ne permet d’affirmer que cette marche serait en mesure de drainer une adhésion populaire significative. Une annulation de dernière minute ouvrirait la voie à un récit commode, faisant oublier un éventuel déficit de participation derrière le prétexte d’une contrainte extérieure.
Les premiers signaux en provenance du terrain, notamment dans l’espace de Tshangu pourtant présenté comme un foyer privilégié de mobilisation, laissent entrevoir une dynamique en deçà des attentes.
Par ailleurs, dans un contexte où les institutions de la République conservent une légitimité affirmée, il est peu probable que les Kinois se mobilisent massivement pour exiger la démission du Président de la République, et surtout que l’itinéraire choisi est porteur de risques de confrontation avec la Garde républicaine.
Dans ces conditions, l’organisation d’une contre‑manifestation le même jour apparaîtrait inopportune. Elle offrirait à l’opposition l’occasion d’alimenter une posture victimaire et de rechercher, à travers une séquence de tension, l’avantage politique et médiatique qu’elle ne parvient pas nécessairement à obtenir par la seule force de sa mobilisation.
Au nom du pluralisme démocratique, cette marche devrait être maintenue et encadrée dans le strict respect de la loi. Qu’elle ait lieu, afin que chacun puisse constater, sans artifice ni dramatisation, ce qu’il en est réellement de son audience populaire : soit la confirmation d’un ancrage, soit la mise en lumière de ses limites. La deuxième hypothèse est la plus probable.
Connaissant la stratégie habituelle de l’opposition congolaise, faute d’adhésion populaire à sa démarche, si elle n’obtient pas l’interdiction de l’autorité urbaine, elle pourrait elle‑même trouver un prétexte pour l’annuler la veille du jour J.
Il ne reste qu’à observer les faits.
Steve Mbikayi Mabuluki
Député national


