
Mardi, 27 mai 2025-Lusambo, chef-lieu de la province du Sankuru, semble vaciller ce lundi 26 mai entre rumeurs persistantes et faits alarmants. Depuis les premières heures de la matinée, une tension palpable s’est emparée de la ville, alors que les députés provinciaux étaient réunis en plénière. Dans les rues, la colère gronde : des groupes de manifestants dénoncent une tentative de déstabilisation institutionnelle, notamment à travers une pétition visant certains élus provinciaux.
Selon des témoignages concordants, des accrochages ont éclaté entre manifestants et forces de l’ordre. Des coups de feu auraient été entendus, et un climat de peur s’est progressivement installé, faisant craindre le pire pour une population déjà meurtrie par l’enclavement chronique et le retard structurel de la province.
Cette escalade intervient dans un contexte troublé : quelques heures plus tôt, l’exécutif provincial avait été contraint de quitter précipitamment Lusambo pour Mbuji-Mayi (chef-lieu de la province du Kasaï Oriental), invoquant une urgence médicale.
Le gouverneur aurait été victime d’un malaise cardiaque alors qu’il présidait une réunion stratégique sur la situation sécuritaire. Il aurait été évacué à bord d’un avion léger appartenant à un certain Paul Law, selon un communiqué officiel.
Mais ce départ soudain soulève des interrogations : coïncidence sanitaire ou manœuvre politique ? En effet, l’ombre d’un scandale financier plane sur cette crise. L’ancien président de l’Assemblée provinciale, récemment déchu, et le gouverneur ont été accusé d’avoir détourné de fonds publics.
Ce dernier devait comparaître dimanche pour se défendre devant la plénière, mais la maladie l’en a empêché. D’aucuns y voient une fuite déguisée, alimentant un climat de suspicion.
Les Sankurois, fatigués d’une gouvernance en dents de scie, oscillent entre lassitude et colère. Depuis l’époque de Patrice Lumumba, leur province semble condamnée à un éternel recommencement, prisonnière d’un isolement politique et économique quasi institutionnalisé. L’élan de développement tant attendu reste un mirage, et le désespoir devient un quotidien.
Aujourd’hui, une question s’impose : assistons-nous à une crise ponctuelle ou à un nouvel épisode d’une instabilité programmée ?
En tout état de cause, les fils et filles du Sankuru sont appelés à la vigilance, à la lucidité et à la dénonciation de toute tentative de manipulation.
Car plus que jamais, la province a besoin de vérité, de justice, et d’un sursaut collectif pour rompre avec les cycles de crise et construire enfin un avenir à la hauteur de ses promesses.
Heritier Albert YEMBA



