
Mardi, 27 janvier 2026-La lutte contre la corruption dans l’appareil judiciaire en République démocratique du Congo a connu un nouvel épisode marquant avec la condamnation de plusieurs magistrats de la cour d’appel de Tanganyika, reconnus coupables de faits de corruption à l’issue d’un procès tenu en chambre foraine à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga.
Selon le verdict rendu lundi par la cour d’appel du Haut-Katanga, siégeant exceptionnellement à Lubumbashi, la prévention de corruption a été jugée établie tant en fait qu’en droit à l’encontre de l’ensemble des prévenus.
Cette décision s’inscrit dans le cadre des efforts des autorités judiciaires visant à renforcer l’assainissement du secteur de la justice, régulièrement critiqué pour des pratiques de corruption et d’abus de pouvoir.
Dans son prononcé, le juge président Moïse Amadi Muningo a condamné les magistrats Zantoko Mayikila Hervé et Mbele Lalu Christophe à 36 mois de servitude pénale principale chacun.
De son côté, Asanga Kabalo Raphaël a écopé de 15 mois de prison, tandis que Kafwimbi Kiwele Joseph a été condamné à 24 mois de servitude pénale principale.
Les peines sont assorties d’amendes dont les montants n’ont pas été rendus publics.
Au-delà des peines privatives de liberté, la cour a également prononcé des sanctions complémentaires particulièrement lourdes.
Les magistrats condamnés sont frappés d’une interdiction du droit de vote et du droit d’éligibilité, ainsi que d’une interdiction d’accès aux fonctions publiques et paraétatiques. Ces mesures visent à empêcher leur réintégration dans les sphères de responsabilité publique et à renforcer le caractère dissuasif de la décision judiciaire.
Le procès, organisé en chambre foraine à Lubumbashi, a permis à la juridiction du Haut-Katanga de se rapprocher du lieu des faits et de garantir une certaine transparence dans le traitement de ce dossier sensible.
Cette procédure exceptionnelle est souvent utilisée dans les affaires jugées d’intérêt public, afin de renforcer la visibilité de l’action judiciaire et de rassurer l’opinion sur la volonté des autorités de lutter contre l’impunité.
Cette condamnation intervient dans un contexte national marqué par une intensification des discours et des actions officielles en faveur de la lutte contre la corruption, notamment dans les secteurs jugés stratégiques comme la justice, les finances publiques et l’administration territoriale.
Plusieurs organisations de la société civile dénoncent depuis des années les pratiques corruptives dans l’appareil judiciaire, qu’elles considèrent comme un frein majeur à l’État de droit et à la confiance des citoyens envers les institutions.
Pour de nombreux observateurs, ce verdict constitue un signal fort envoyé aux magistrats et aux agents publics : nul n’est au-dessus de la loi.
Toutefois, ils soulignent également que la crédibilité de cette dynamique dépendra de la régularité de telles poursuites et de la capacité des autorités à traiter, avec la même rigueur, des dossiers impliquant des personnalités de haut niveau.
ITK



