Okapinews.net
UnePolitique

RDC : Ève Bazaiba annonce le lancement d’une campagne permanente de solidarité nationale le 25 août par Félix Tshisekedi !

Vendredi, 14 août 2026-La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la mobilisation des ressources en faveur des populations vulnérables. La ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale, Ève Bazaiba Masudi, a annoncé le lancement, le 25 août 2026, de la Campagne permanente de solidarité nationale placée sous le haut patronage du président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.

L’annonce a été faite jeudi 13 août lors d’un briefing de presse animé par le ministre de la Communication et Médias, Patrick Muyaya Katembwe. À cette occasion, Ève Bazaiba a présenté les grandes orientations de cette campagne destinée à mobiliser des ressources financières, matérielles et techniques pour venir en aide aux déplacés internes, aux victimes des catastrophes naturelles et à différentes catégories de personnes vulnérables à travers le pays.

Le document de référence élaboré par le ministère des Affaires sociales présente cette initiative sous le slogan : « Votre don compte pour donner : Sourire, Réconfort et Espoir ».

Il précise que la campagne s’inscrit dans un contexte humanitaire marqué par la persistance des conflits armés, les catastrophes naturelles et l’aggravation de la vulnérabilité de plusieurs catégories de la population.

Selon les données humanitaires citées dans les termes de référence de la campagne, la RDC comptait, au début de l’année 2026, environ 7,3 millions de personnes déplacées internes, dont plus de 90 % se trouvent dans les provinces de l’Est du pays.

Cette situation place la RDC parmi les pays les plus touchés par les déplacements internes dans le monde.

Le Nord-Kivu apparaît comme la province la plus affectée, avec plus de 2,7 millions de personnes déplacées, notamment autour de Goma et Masisi.

Le document relève également des mouvements importants de populations dans l’Ituri, tandis que le Sud-Kivu, particulièrement le territoire de Kalehe, continue d’enregistrer des déplacements.

Le Tanganyika connaît lui aussi des concentrations importantes de populations déplacées. D’autres provinces, notamment le Kasaï, ne sont pas épargnées, même si l’ampleur des déplacements y demeure moindre qu’à l’Est du pays.

La situation humanitaire dans l’Est est en outre aggravée par la résurgence de la maladie à virus Ebola, dont l’épicentre est situé en Ituri.

À cette vulnérabilité s’ajoutent les conséquences des catastrophes naturelles, notamment les pluies diluviennes, les incendies, les inondations, les éruptions volcaniques et les glissements de terrain.

Ces événements provoquent des déplacements, détruisent des habitations et fragilisent davantage des populations déjà confrontées à la précarité.

Les personnes déplacées vivent souvent avec un accès limité aux besoins essentiels, notamment au logement, à l’eau potable, à l’alimentation, aux soins de santé et à l’éducation.

Les femmes et les enfants sont particulièrement exposés aux violences basées sur le genre, à la malnutrition et aux maladies. Les données contenues dans le document indiquent que les femmes représentent environ 51 % des personnes déplacées.

Une campagne qui dépasse la simple collecte de dons

Pour Ève Bazaiba, l’enjeu est donc plus large qu’une simple opération ponctuelle de collecte de fonds. La campagne entend installer une culture durable de solidarité nationale et susciter un engagement collectif en faveur des personnes en situation de vulnérabilité.

La ministre a expliqué que les contributions récoltées seront destinées aux catégories vulnérables de la population, alors que plus de 15 millions de Congolais se trouvent, selon les données présentées lors du briefing, dans une situation de grande vulnérabilité.

« Les fonds récoltés et les dons recueillis vont servir aux catégories vulnérables de la population, qui constituent aujourd’hui l’objet d’une crise humanitaire sans précédent en République démocratique du Congo », a déclaré Ève Bazaiba.

Dans les termes de référence, le gouvernement fixe comme objectif général de mobiliser des ressources financières, matérielles et techniques afin de renforcer l’assistance humanitaire et les mécanismes de protection sociale en faveur des déplacés internes, des enfants en rupture sociale dits « enfants de la rue », des victimes de catastrophes naturelles, des orphelins, des veuves, des personnes handicapées, des personnes âgées et d’autres indigents ou vulnérables.

L’objectif est également d’améliorer durablement les conditions de vie des populations sinistrées, leur accès aux services sociaux de base et leur capacité à faire face aux différents chocs.

Sensibiliser, collecter et renforcer la solidarité

La campagne repose sur plusieurs axes. Le premier consiste à sensibiliser l’opinion publique nationale et internationale sur l’ampleur de la crise humanitaire en RDC. Le ministère veut ainsi mobiliser les institutions, le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, la société civile ainsi que la diaspora congolaise.

Le deuxième axe concerne la collecte des contributions financières et matérielles. Les institutions publiques, les entreprises privées, les organisations de la société civile, les membres de la diaspora et les partenaires internationaux sont appelés à contribuer aux interventions humanitaires en faveur des populations sinistrées.

Le troisième objectif est de renforcer la solidarité nationale en encourageant chaque Congolais, quel que soit son niveau de vie, à participer à l’effort collectif.

Mais le ministère veut également répondre à une préoccupation particulièrement sensible : la gestion des ressources collectées. Les termes de référence prévoient ainsi la mise en place d’un mécanisme transparent de gestion, de suivi et de traçabilité des dons, avec une reddition régulière des comptes.

Un mécanisme de gestion placé sous le signe de la transparence

La question de la transparence occupe une place centrale dans le dispositif présenté par Ève Bazaiba. Le ministère prévoit notamment la publication régulière des fonds collectés, un système de suivi des contributions ainsi qu’un mécanisme permettant de rendre compte de leur utilisation.

Le document prévoit également un audit indépendant, la publication d’un rapport public de gestion et la mise en place d’une plateforme numérique de suivi, destinée à assurer une traçabilité en temps réel des contributions.

L’affectation et l’utilisation des ressources devront, par ailleurs, faire l’objet d’une concertation entre le secrétariat technique et le comité de pilotage, afin de garantir une utilisation cohérente et conforme aux priorités opérationnelles de la campagne.

Cinq phases pour une campagne appelée à durer

Contrairement à une opération humanitaire ponctuelle, la campagne est conçue comme une initiative permanente, organisée progressivement autour de plusieurs phases.

La première phase est consacrée à la préparation et à l’organisation. Elle prévoit notamment la mise en place du comité d’organisation et du secrétariat technique ainsi que l’élaboration du dispositif de communication et de mobilisation des partenaires.

La deuxième phase correspond au lancement officiel, avec une annonce publique, une conférence de presse et la diffusion de messages de solidarité.

La troisième phase constitue le cœur de la mobilisation nationale et internationale. Elle prévoit notamment l’organisation d’un téléthon, de journées de solidarité dans les provinces et de campagnes médiatiques. La diaspora congolaise et les partenaires techniques et financiers doivent également être sollicités.

La quatrième phase concerne la collecte et la gestion des ressources. Elle doit permettre de centraliser, comptabiliser et gérer les dons mobilisés tout en assurant leur traçabilité.

Enfin, la cinquième phase est consacrée au suivi, à l’évaluation et au rapport final, avec une évaluation périodique, des audits et la publication de rapports permettant de mesurer les résultats obtenus.

Le calendrier indicatif prévoit une première semaine consacrée à la préparation, suivie de deux semaines de lancement et de communication intensive. Les semaines 4 et 5 devraient être consacrées au téléthon et aux journées de solidarité dans les provinces, avant le début de la collecte et de la gestion des ressources à partir de la sixième semaine. Une évaluation trimestrielle est également prévue.

La réussite de cette campagne doit reposer sur un dispositif institutionnel regroupant plusieurs acteurs.

Un comité de pilotage doit assurer l’orientation générale, la prise de décision et le suivi de haut niveau. Il est placé sous la présidence de la ministre d’État, ministre des Affaires sociales, Actions humanitaires et Solidarité nationale.

À ses côtés, un secrétariat technique doit assurer la coordination quotidienne des activités, le suivi des contributions et la production des rapports. La Caisse de Solidarité Nationale et de Gestion Humanitaire des Catastrophes (CSN-GHC) doit également jouer un rôle dans le dispositif, en tant qu’instrument du gouvernement dans le financement des risques de catastrophes.

Une particularité importante ressort du document : les membres des différents organes de gestion doivent exercer leurs fonctions à titre bénévole. Cette précision rejoint l’annonce faite par Ève Bazaiba concernant la mise en place d’une nouvelle structure de bénévoles appelée à contribuer à la gestion de la campagne et des dons mobilisés.

Les partenaires internationaux, les ONG, les entreprises privées et la diaspora sont également considérés comme des acteurs essentiels. Leur participation doit permettre de diversifier les sources de financement et d’élargir la mobilisation au-delà des seules ressources publiques.

Le 25 août, Félix Tshisekedi donnera le coup d’envoi

C’est dans cette architecture que s’inscrit la cérémonie annoncée pour le 25 août 2026. Les termes de référence précisent que la Campagne de Solidarité Nationale est placée sous le haut patronage du président de la République, qui donnera officiellement le coup d’envoi à cette date.

Ève Bazaiba veut faire de cette intervention présidentielle un moment fort de mobilisation nationale.

« L’objectif est de redynamiser et de susciter à nouveau l’esprit et la culture d’entraide entre les Congolais, au-delà de la collecte des dons en nature ou en numéraire, mais aussi d’inculquer dans l’âme de chaque Congolais l’amour, le patriotisme et la préoccupation pour les conditions de vie de l’autre », a-t-elle déclaré.

La campagne entend ainsi transformer la solidarité en un engagement collectif et durable, dans un pays confronté à des crises humanitaires multiples.

« Donner : sourire, réconfort et espoir »

À travers cette initiative, le ministère des Affaires sociales entend inscrire l’action humanitaire dans une approche plus large, combinant protection sociale, inclusion économique et restauration de la dignité humaine.

L’ambition affichée est de transformer les contributions recueillies en actions concrètes : améliorer l’accès aux abris, à la nourriture, aux soins de santé et aux autres services essentiels pour les populations affectées.

Au-delà de l’urgence, le gouvernement souhaite également renforcer la résilience des populations face aux crises et favoriser leur réinsertion sociale et économique.

Le slogan choisi — « Votre don compte pour donner : Sourire, Réconfort et Espoir » — résume cette ambition. Il s’agit de mobiliser les Congolais autour d’un principe simple : chaque contribution, financière ou matérielle, peut participer à soulager une personne déplacée, une victime d’une catastrophe ou une autre personne vulnérable.

Le rendez-vous du 25 août 2026 marquera ainsi le début officiel d’une campagne appelée à s’inscrire dans la durée, avec un dispositif de collecte, de gestion, de contrôle et d’évaluation destiné à mobiliser la solidarité nationale et internationale au bénéfice des populations les plus fragiles.

Héritier Albert YEMBA 

Liens Pertinents