
Vendredi, 19 décembre 2025-Le gouvernement provincial du Sud-Kivu tire la sonnette d’alarme face à ce qu’il qualifie de « mise en scène » du retrait des rebelles de l’AFC-M23 dans la ville d’Uvira. Selon les autorités provinciales, il s’agirait d’une manœuvre de diversion diplomatique, destinée à atténuer la pression internationale exercée sur Kigali.
Dans un communiqué officiel rendu public ce jeudi, le porte-parole du gouvernement provincial, Me Bashizi Didier Kabi, affirme que les mouvements observés sur le terrain ne correspondent nullement à un désengagement militaire réel. Il s’agirait plutôt d’un redéploiement stratégique des combattants vers les hauts plateaux d’Uvira.
Les autorités dénoncent notamment une tentative de fusion des forces du M23 avec d’autres groupes armés alliés, dont les Twiganeho, Ngumino et Red Tab, actifs dans la région de Minembwe.
« Nous disposons de preuves faisant état de mouvements coordonnés à pied vers les collines de Kashekebwe, en direction de Minembwe, bastion de leurs alliés. Il s’agit d’une opération de camouflage, et non d’un retrait », précise le communiqué.
Selon la même source, une partie des combattants reste positionnée à environ 9 kilomètres de la ville d’Uvira, disposant de pièces d’artillerie, tandis qu’un autre groupe serait en train de démonter les installations de la sucrerie de Kiliba, dans l’objectif présumé de transférer les machines vers le Rwanda.
Plus inquiétant encore, le gouvernement provincial signale l’infiltration de combattants en tenue civile au sein de la population locale, phénomène observé depuis le 18 décembre. Une stratégie bien connue, souvent utilisée pour préparer des attaques surprises.
La communication officielle déplore également l’absence totale de transparence entourant ce qu’elle qualifie de « pseudo-retrait » : aucune destination précise n’a été communiquée par les rebelles, et aucune mission de vérification indépendante n’a été autorisée à superviser les mouvements signalés.
Face à cette situation jugée préoccupante, le gouvernement provincial du Sud-Kivu appelle les États-Unis et leurs alliés à exiger un retrait réel, complet et vérifiable des troupes rwandaises et des groupes armés qu’elles soutiennent, aussi bien au Sud-Kivu qu’au Nord-Kivu, jusqu’à leurs anciennes positions de Bunagana.
« Ce que Kinshasa dénonce au niveau national, Bukavu le confirme sur le terrain : la crise sécuritaire à l’Est de la RDC est bel et bien une guerre d’influence régionale, dissimulée derrière de faux engagements », conclut le communiqué.
Samuel MULENDA



