
Jeudi, 7 mai 2025-L’ancien président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, a récemment pris position en faveur de Nicolas Kazadi, ancien ministre des Finances de la République démocratique du Congo (RDC), au cœur d’une vive controverse. Alors que des voix s’élèvent pour réclamer l’arrestation de Kazadi, Kabund estime que ces accusations visent la mauvaise cible.
« Ceux qui réclament l’arrestation de Nicolas Kazadi se trompent de cible », a-t-il déclaré. « Il dénonce des faits graves — il faut enquêter sur les actes, pas sur le dénonciateur. Qu’il serve d’informateur à la justice, pas de bouc émissaire. »
Kabund insiste sur la nécessité d’une justice impartiale, axée sur les faits plutôt que sur les personnes qui les révèlent. Il appelle à ce que les révélations de Kazadi soient prises au sérieux et fassent l’objet d’enquêtes approfondies.
Des révélations troublantes sur le régime en place
Nicolas Kazadi, de son côté, a récemment dénoncé certaines pratiques au sein du régime du président Félix Tshisekedi. Il a notamment pointé du doigt des candidats à la présidence de la République qui seraient actionnaires dans des comptoirs de minerais de contrebande à Kigali, au Rwanda. Selon lui, ces activités illégales alimentent les conflits armés dans l’est de la RDC et compromettent la souveraineté nationale.
« Certains qui sont candidats président de la République sont actionnaires dans des comptoirs situés à Kigali. Des comptoirs qui se ravitaillent grâce à la contrebande… »
Par ailleurs, Kazadi a exprimé son inquiétude face à la perception de certains acteurs politiques qui considèrent le pays comme leur propriété, en référence à ceux qui sont arrivés au pouvoir par le biais du Rwanda en 1997. Il a souligné l’importance de préserver la démocratie et de ne pas revenir aux pratiques du passé.
« Ce dont il est question ici, ce n’est même pas le régime Tshisekedi, c’est plutôt le pays, c’est-à-dire la trajectoire du pays. La démocratie doit se poursuivre, se consolider, nous ne pouvons pas accepter qu’on nous ramène en 1997. »
Un appel à la justice et à la transparence
Les déclarations de Kazadi ont suscité des réactions diverses au sein de la classe politique et de la société civile. Si certains estiment qu’il cherche à se dédouaner de responsabilités, d’autres, comme Jean-Marc Kabund, voient en lui un lanceur d’alerte courageux. L’Observatoire de la Dépense Publique (ODEP) a également critiqué l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques, soulignant que des alliés du président Tshisekedi, tels que Kazadi, bénéficieraient d’une protection indue.
Dans ce contexte, il est essentiel que les institutions judiciaires de la RDC mènent des enquêtes impartiales et approfondies sur les allégations portées par Kazadi. La transparence et la justice doivent prévaloir pour renforcer la confiance des citoyens dans leurs institutions et préserver la démocratie congolaise.
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