Okapinews.net
AlerteEducationUne

Kongo Central : les enseignants du primaire dénoncent la rupture de leur prime de gratuité depuis mars 2025 !

publicite-candidat

Mardi, 16 décembre 2025-À l’approche des festivités de Noël 2025 et du Nouvel An 2026, le climat social demeure particulièrement tendu entre la synergie des syndicats des enseignants du Kongo Central et le gouvernement provincial. À l’origine de cette crispation : la rupture jugée injustifiée de la prime provinciale d’appui à la gratuité de l’enseignement de base, intervenue depuis le mois de mars 2025.

Les enseignants dénoncent également ce qu’ils qualifient d’injustice délibérément orchestrée par l’Exécutif provincial dans la répartition des frais scolaires destinés à l’enseignement secondaire. Selon eux, ces fonds bénéficient essentiellement aux villes et grandes agglomérations de la province, au détriment des nouvelles unités scolaires ainsi que des écoles situées dans les zones enclavées du Kongo Central.

Cette situation préoccupante a été au centre d’une grande réunion tenue récemment à Matadi, rassemblant les enseignants du primaire de toute la province, représentés pour la circonstance par leurs collègues de la ville portuaire.

L’objectif de cette rencontre était d’évaluer, à mi-parcours, des conditions socio-professionnelles jugées déplorables, dont le principal responsable serait, selon les enseignants, le gouvernement provincial dirigé par le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo.

Les syndicalistes rappellent qu’à son accession à la tête de la province, le gouverneur s’était engagé à poursuivre l’œuvre de son prédécesseur Guy Bandu Ndungidi, initiateur de la prime provinciale accordée aux enseignants en appui à la gratuité de l’enseignement de base. Un engagement resté, selon eux, lettre morte.

Une promesse jamais concrétisée

Pire encore, soulignent-ils, le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo était allé jusqu’à annoncer publiquement l’augmentation de cette prime, la faisant passer de 30.000 à 50.000 francs congolais, lors d’un meeting populaire tenu à Tshela, dans le cadre de sa tournée d’itinérance.

Une décision largement saluée par les enseignants du primaire du Kongo Central, mais qui n’a jamais été appliquée. Plus grave, même les 30.000 francs congolais que les enseignants percevaient régulièrement sous l’administration de Guy Bandu Ndungidi ne sont plus versés depuis mars 2025.

Une situation qui a fini par exacerber la colère des professionnels de la craie, désormais décidés à sortir de leur réserve.

Pour Isaac Lukombo Malanda, porte-parole adjoint de la synergie du banc syndical des enseignants, la rupture sans motif valable de cette prime — pourtant un élément catalyseur de la gratuité de l’enseignement de base, initiative du Président de la République Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo — met en difficulté non seulement les enseignants, mais aussi l’État congolais lui-même, qui a toujours fait de la qualité de l’enseignement une priorité nationale.

« Cette qualité ne peut être garantie que si ceux qui dispensent l’enseignement sont eux-mêmes placés dans des conditions de vie décentes », insiste-t-il.

Le syndicaliste affirme par ailleurs que les enseignants ont appris, avec indignation, que l’autorité budgétaire continue de mettre les moyens financiers à la disposition du gouvernement provincial, mais que ces fonds n’atteignent jamais leurs bénéficiaires légitimes depuis plusieurs mois.

Mauvaise foi ou simple négligence ? La question reste posée et appelle, selon les enseignants, une réponse urgente et claire.

Des actions de grande envergure annoncées

Considérant la prime de gratuité comme un droit acquis, et rappelant la volonté autrefois affichée par le gouverneur de la soutenir, les enseignants exigent sa reprise immédiate, accompagnée de l’apurement de tous les arriérés accumulés depuis mars 2025.

À défaut, prévient Isaac Lukombo Malanda, des actions de grande envergure seront déclenchées dès la reprise des cours après les congés de Noël, sur toute l’étendue du territoire provincial, jusqu’à satisfaction totale de leurs revendications.

Un avertissement que de nombreux observateurs estiment devoir être pris très au sérieux par le gouvernement provincial, s’il tient à préserver la paix sociale au Kongo Central et à éviter toute perturbation du calendrier scolaire déjà en cours.

 

Dieudonné MUAKA DIMBI

publicite-candidat

Liens Pertinents