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Kongo Central : la reprise normale des activités à l’Assemblée provinciale toujours bloquée par la crise institutionnelle !

Samedi, 20 juin 2026-La crise politique qui secoue l’Assemblée provinciale du Kongo Central depuis la réhabilitation de son ancien président, Papy Mantezolo Diatezua, par la Cour constitutionnelle, est loin de connaître son épilogue. Malgré plusieurs initiatives de médiation menées à Kinshasa par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemin Shabani, aucun consensus n’a encore été trouvé entre les deux camps qui s’opposent sur l’interprétation de cette décision judiciaire.

Alors que dans la plupart des provinces du pays la session parlementaire de mars 2026 s’achemine progressivement vers sa clôture, le Kongo Central demeure paralysé par une crise institutionnelle qui empêche le fonctionnement normal de son organe délibérant. Depuis plusieurs mois, les activités parlementaires sont pratiquement à l’arrêt, au grand dam de la population qui attend des élus provinciaux qu’ils se consacrent aux questions de développement plutôt qu’aux querelles internes.

Une interprétation divergente de l’arrêt de la Cour constitutionnelle

À l’origine de cette situation se trouve l’interprétation de l’arrêt de la Cour constitutionnelle ayant réhabilité Papy Mantezolo dans ses fonctions de président de l’Assemblée provinciale.

Pour les députés qui soutiennent l’ancien président, cette décision judiciaire rétablit non seulement Papy Mantezolo, mais également l’ensemble des membres de son ancien bureau.

À l’inverse, le camp de Victor Nsuami Mpaka estime que la réhabilitation ne concerne que le seul président et que celui-ci devrait, en conséquence, poursuivre son mandat avec les autres membres du bureau actuellement en fonction.

Cette divergence de lecture a créé un blocage total des institutions provinciales et conduit le ministère de l’Intérieur à organiser plusieurs séries de consultations à Kinshasa avec les quarante députés provinciaux du Kongo Central.

Les consultations de Kinshasa sans résultat

Les différentes rencontres convoquées sous l’égide du Vice-Premier ministre Jacquemin Shabani n’ont cependant pas permis de rapprocher les positions des deux camps.

Face à cette impasse, le patron de la territoriale avait décidé de suspendre temporairement les activités parlementaires en attendant une clarification de la Cour constitutionnelle sur la portée exacte de son arrêt.

Mais à peine les consultations interrompues qu’une nouvelle polémique est venue raviver les tensions. Le vice-président du camp Mantezolo, Joseph Nsalambi Ngabakita, s’est rendu à Matadi où il a tenu un point de presse au cours duquel il a affirmé qu’il n’existait aucune crise au sein de l’Assemblée provinciale.

Il a même annoncé la tenue prochaine d’une plénière destinée à élire quatre nouveaux membres du bureau appelés à travailler avec Papy Mantezolo.

Des déclarations aussitôt contestées par le député provincial Guylain Panzu Mangovo, proche du camp Victor Nsuami. Ce dernier a qualifié ces propos de « distraction », rappelant que les consultations de Kinshasa avaient plutôt débouché sur le maintien du statu quo jusqu’à nouvel ordre.

Après son retour à Matadi, Papy Mantezolo avait annoncé avoir reçu instruction du Vice-Premier ministre de convoquer une plénière consacrée notamment à l’examen du projet d’édit portant découpage administratif de la ville sainte de Nkamba.

Avant cette plénière, le président réhabilité avait organisé une réunion consultative associant notamment les chefs coutumiers et des représentants de la société civile. Une initiative boycottée par les députés du camp Victor Nsuami.

Cependant, à la veille de la tenue de cette séance, un nouveau message du ministère de l’Intérieur lui demandait de regagner Kinshasa avec six députés provinciaux, répartis équitablement entre les deux camps, afin de poursuivre les consultations.

Cette démarche a suscité la colère de plusieurs députés provinciaux qui ont dénoncé des consultations « sélectives » et « restreintes », estimant que l’ensemble des élus aurait dû être associé aux discussions.

Le statu quo maintenu en attendant la Cour constitutionnelle

Les dernières consultations se sont achevées ce vendredi 19 juin 2026 sans avancée majeure. Faute de consensus entre les protagonistes, Jacquemin Shabani a finalement opté pour le maintien du statu quo jusqu’à ce que la Cour constitutionnelle se prononce officiellement sur l’interprétation de l’arrêt ayant réhabilité Papy Mantezolo.

Le Vice-Premier ministre a ainsi demandé aux députés provinciaux de regagner Matadi. En attendant la décision de la Haute Cour, aucune reconfiguration du bureau de l’Assemblée provinciale ne pourra être engagée.

Selon les conclusions de ces consultations, si la Cour constitutionnelle tarde à rendre son interprétation, le président de l’Assemblée provinciale sera autorisé à procéder à la clôture officielle de la session de mars 2026 par voie de correspondance, afin d’éviter un vide institutionnel prolongé.

Cette décision maintient donc provisoirement l’équilibre fragile observé depuis plusieurs mois, sans toutefois apporter la solution définitive attendue par la population du Kongo Central, qui continue de subir les conséquences d’une crise politique devenue l’une des plus longues de l’histoire récente de son Assemblée provinciale.

 

Dieudonné MUAKA DIMBI 

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