Okapinews.net
UneEconomieFinanceNation

RDC : une étude révèle une exportation massive d’uranium dissimulée dans les exportations de cobalt vers la Chine !

Mercredi, 5 août 2026-Une étude publiée le 30 juillet 2026 dans la revue scientifique Nature Communications met en lumière un phénomène jusqu’ici peu documenté : des milliers de tonnes d’uranium naturel auraient quitté la République démocratique du Congo (RDC) au cours des deux dernières décennies sans être officiellement déclarées.

Les chercheurs Ryan A. Manzuk et Sébastien Philippe estiment qu’entre 2 000 et 5 000 tonnes d’uranium naturel ont été exportées entre 2000 et 2024, principalement sous forme de contaminant présent dans les cargaisons d’hydroxyde de cobalt brut. Cette situation contraste avec les statistiques officielles, la RDC ne déclarant ni production ni exportation d’uranium durant cette période.

Selon les auteurs, cette présence d’uranium s’explique par la géologie du Copperbelt congolais, où les gisements de cobalt et d’uranium sont naturellement associés. Lors du traitement hydrométallurgique du minerai, la majorité des installations ne disposent pas de procédés spécifiquement conçus pour extraire l’uranium, permettant ainsi à une partie de celui-ci de demeurer dans les produits destinés à l’exportation.

L’étude indique que l’essentiel de ces cargaisons a été expédié vers la Chine, qui concentre près de 95 % des capacités mondiales de raffinage du cobalt. Les chercheurs estiment qu’environ 65 % de l’uranium transporté aurait été destiné à des entreprises de raffinage sous contrôle chinois.

Les conclusions soulignent également des insuffisances dans les mécanismes de contrôle international. Moins de 10 % de l’uranium estimé aurait été officiellement déclaré et placé sous les garanties internationales applicables aux matières nucléaires. Par ailleurs, entre 1 000 et 4 000 tonnes supplémentaires auraient été rejetées dans les résidus miniers sous des formes chimiquement mobiles, susceptibles de contaminer les sols et les eaux, avec des risques potentiels pour les populations vivant à proximité des sites d’exploitation.

Pour les auteurs, ces résultats mettent en évidence une lacune importante dans la surveillance des chaînes d’approvisionnement des minerais critiques, à l’heure où la demande mondiale en cobalt continue de croître en raison de la transition énergétique et de la fabrication des batteries.

Les chercheurs appellent ainsi les autorités congolaises à mener un audit national des activités minières, afin d’évaluer les flux d’uranium associés à la production de cobalt, de renforcer les contrôles environnementaux et de garantir une meilleure conformité aux normes internationales en matière de sûreté nucléaire et de protection des populations.

ITK

Liens Pertinents