Jeudi, 27 août 2026-La ministre de l’Environnement et Développement durable, Marie Nyange Ndambo, a présenté le bilan de sa première année à la tête de son ministère au cours d’une émission consacrée à la redevabilité, animée par Oscar Mbal de la RTNC et Mamina Masengu de B-One TV. Elle a notamment évoqué les réformes engagées dans le secteur forestier, la mobilisation des financements climatiques, le recyclage des déchets plastiques ainsi que la collaboration avec le ministère des Mines.
S’inscrivant dans la vision du Président de la République, axée sur la protection et la valorisation des forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations, la ministre a indiqué avoir concentré son action sur plusieurs chantiers prioritaires.
Sur le plan structurel, Marie Nyange Ndambo a mis en avant la poursuite des réformes engagées avant son arrivée, notamment la finalisation de la politique forestière et la révision du Code forestier.
Selon elle, la politique forestière, qui définit les grandes orientations de la gouvernance du secteur, est désormais finalisée. Le Code forestier, qui encadre les modalités d’exploitation des ressources forestières, se trouve quant à lui en phase de finalisation.
La ministre espère que le texte pourra être soumis au Parlement lors de la session de septembre en vue de son adoption.
La RDC veut mieux valoriser son patrimoine forestier
Dans le cadre des efforts visant à renforcer l’image de la RDC sur la scène internationale et à mieux valoriser son potentiel environnemental, le ministère a également organisé la première Semaine du climat. Cette rencontre a réuni différents acteurs et parties prenantes de la gouvernance forestière et a permis d’élaborer une feuille de route présentée à Belém.
Pour Marie Nyange Ndambo, cette initiative a bénéficié d’un écho favorable et a contribué à améliorer la visibilité de la RDC dans les discussions internationales sur le climat et les forêts.
En parallèle, le ministère travaille à la mise en œuvre d’une stratégie de valorisation, de certification et de monétisation des ressources forestières du pays. Celle-ci repose notamment sur deux instruments : le registre carbone souverain et les dispositifs de mesure, notification et vérification (MRV).
Vers une loi sur le marché carbone
La ministre a également annoncé la finalisation d’une loi sur le marché carbone, considérée comme un cadre juridique essentiel pour permettre à la RDC de mieux mobiliser les ressources issues de ses actifs environnementaux.
Elle a précisé que cette réforme figure parmi les matières d’habilitation du Gouvernement et qu’elle est en cours de finalisation afin de permettre au Président de la République de prendre une ordonnance-loi.
L’objectif est notamment de créer les conditions nécessaires à la mobilisation de financements liés aux ressources forestières du pays. La Banque mondiale évalue, selon les chiffres avancés par la ministre, la valeur des forêts de la RDC à environ 230 000 milliards de dollars.
La ministre a insisté sur la nécessité de faire bénéficier les communautés rurales des revenus générés par la valorisation des ressources forestières. À cet effet, le Gouvernement mise notamment sur les paiements pour services environnementaux et les paiements pour services écosystémiques.
Marie Nyange Ndambo a indiqué avoir déjà validé cinq projets consacrés aux paiements pour services environnementaux et quatre autres portant sur les paiements pour services écosystémiques.
Concernant le marché carbone, elle a souligné qu’une part de 20 % des bénéfices doit revenir aux communautés locales, conformément, selon elle, aux mécanismes liés à l’Accord de Paris.
Douze projets pour lutter contre les déchets plastiques
La lutte contre la pollution plastique constitue également l’un des axes importants de l’action du ministère. La ministre a rappelé l’initiative du Président de la République visant à mettre en place une task force consacrée à cette problématique.
Au-delà de la réduction des déchets, le ministère entend promouvoir leur transformation en ressources économiques. Les déchets plastiques peuvent ainsi servir de matières premières dans différentes activités de transformation.
À ce jour, douze projets ont été signés dans ce domaine. La ministre espère voir apparaître des résultats concrets sur le terrain avant la fin de l’année.
Abordant les relations avec le ministère des Mines, Marie Nyange Ndambo a assuré que la collaboration entre les deux secteurs est permanente, notamment à travers des arrêtés ministériels et interministériels, des commissions interministérielles et mixtes ainsi que des échanges réguliers.
Elle a particulièrement cité la future loi sur le carbone, dont les implications concernent directement le secteur minier. Des démarches sont engagées avec le ministre des Mines afin de sensibiliser les acteurs du secteur et de leur permettre de mieux comprendre l’impact de cette réforme sur leurs activités.
Au terme de cette première année, la ministre de l’Environnement et Développement durable entend ainsi poursuivre les réformes destinées à renforcer la gouvernance forestière, développer les mécanismes de financement climatique, lutter contre la pollution et faire des ressources naturelles un véritable levier de développement au bénéfice des populations congolaises.
ITK


