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Politique : après la marche de la C64, Delly Sesanga hausse le ton contre un troisième mandat de Félix Tshisekedi et appelle à défendre la Constitution jusqu’en 2028 !

Mardi, 16 septembre 2026-À l’approche de l’échéance électorale de 2028, le débat sur l’avenir institutionnel de la République démocratique du Congo prend une nouvelle dimension. Delly Sesanga réaffirme son opposition à toute modification de la Constitution qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat et refuse que la situation sécuritaire serve de justification à un éventuel report des élections. Pour l’opposant, la bataille institutionnelle doit s’inscrire dans un projet plus large de « Refondation du Congo ».

Le débat sur la Constitution s’intensifie en République démocratique du Congo. Alors que le pouvoir défend l’idée d’une réforme institutionnelle et que le président Félix Tshisekedi s’est dit ouvert à une modification de la Constitution, tout en affirmant qu’une telle démarche devrait passer par un référendum, l’opposition continue de dénoncer le risque d’une remise en cause de la limitation des mandats présidentiels.

Dans ce contexte, Delly Sesanga affiche une position sans ambiguïté. Pour le président d’Envol, il n’est pas question d’accepter un troisième mandat présidentiel, ni aujourd’hui ni demain.

« Pas de troisième mandat pour Félix Tshisekedi ou un autre, hier comme demain, plus jamais ça ! », affirme-t-il, rejetant également toute modification de la Constitution destinée, selon lui, à permettre à un dirigeant de prolonger son maintien au pouvoir.

Pour Delly Sesanga, la question ne se limite pas à la personne de Félix Tshisekedi. Il s’agit, selon lui, de préserver un principe institutionnel : aucun pouvoir ne devrait pouvoir modifier les règles fondamentales de la République dans le seul objectif de prolonger son exercice.

La Constitution actuellement en vigueur limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Le débat sur son éventuelle réforme intervient alors que le second mandat de Félix Tshisekedi doit arriver à son terme en 2028.

Le chef de l’État a déclaré en mai 2026 qu’il pourrait accepter de briguer un troisième mandat si les Congolais le lui demandaient, tout en affirmant qu’une éventuelle modification constitutionnelle devrait être soumise au référendum.

Pour Sesanga, toute tentative de modifier les règles électorales ou constitutionnelles dans cette perspective constituerait une ligne rouge.

Il rejette également l’hypothèse d’un « glissement » au-delà de 2028. Dans son argumentaire, la tenue des élections dans les délais constitutionnels constitue un élément essentiel de la continuité démocratique et de l’alternance institutionnelle.

La guerre ne doit pas devenir un argument contre les élections

L’autre volet majeur de son intervention concerne la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Depuis plusieurs années, la RDC est confrontée à une grave crise sécuritaire, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Cette situation pèse directement sur le fonctionnement de l’État et alimente le débat sur les conditions dans lesquelles pourraient se dérouler les prochaines échéances électorales.

Delly Sesanga refuse cependant que la guerre puisse être utilisée comme argument pour suspendre ou repousser les principes démocratiques.

« La guerre ne peut pas devenir le prétexte pour confisquer la démocratie, nos libertés et les élections », soutient-il.

Cette position intervient alors que les manifestations contre le projet de réforme constitutionnelle se sont multipliées en 2026. Le 15 septembre, des rassemblements organisés par l’opposition contre les changements constitutionnels ont notamment été dispersés par la police à Kinshasa et dans plusieurs autres villes, selon Reuters.

Pour Sesanga, l’urgence sécuritaire devrait au contraire renforcer la nécessité d’un État fonctionnel et respectueux de ses institutions.

L’opposant établit également un lien entre la question sécuritaire et la gestion des finances publiques.

Lors d’une conférence de presse en mars 2026, Delly Sesanga avait évalué à 13,650 milliards de dollars les moyens consacrés à la défense et à la sécurité entre 2019 et 2025. Il estimait que l’augmentation de ces ressources n’avait pas produit, selon lui, d’amélioration décisive sur le terrain.

Les données disponibles confirment par ailleurs une forte progression des dépenses sécuritaires. Selon des données de la Banque centrale du Congo rapportées en juillet 2026, les dépenses sécuritaires ont atteint 8 599 milliards de francs congolais en 2025, soit environ 3,9 milliards de dollars, après une hausse de 119,2 % par rapport à 2024.

Pour Sesanga, la question fondamentale est donc celle de l’efficacité de la dépense publique : si des moyens considérables sont mobilisés pour la défense, ils doivent permettre de renforcer réellement les capacités de l’État, de protéger les populations et de restaurer l’autorité nationale sur l’ensemble du territoire.

« La guerre doit nous obliger à réunifier notre territoire »

L’ancien candidat à la présidentielle ne considère pas la crise sécuritaire comme une raison de mettre entre parenthèses la démocratie. Il défend au contraire l’idée que la guerre doit pousser l’État à renforcer ses institutions et à rétablir son autorité.

« La guerre doit au contraire nous obliger à réunifier notre territoire, à restaurer l’autorité de l’État et à ramener la paix », insiste-t-il.

Cette approche place la question sécuritaire dans une perspective plus large : celle de la souveraineté de l’État, de la protection des citoyens et de la capacité des institutions à exercer effectivement leur autorité sur le territoire national.

Elle intervient dans un contexte où les autorités congolaises continuent de faire de la sécurité une priorité budgétaire majeure. La loi de finances 2026 identifie notamment la sécurisation du pays et la consolidation de la paix parmi les priorités gouvernementales.

Mais pour Delly Sesanga, le débat ne doit pas se réduire à la seule défense de la Constitution.

Il entend inscrire son combat dans un projet politique plus large, résumé par l’expression « La Refondation du Congo ».

Cette vision repose sur une transformation du fonctionnement de l’État et sur une amélioration concrète des conditions de vie de la population.

Sesanga défend ainsi un Congo où l’État protège les citoyens par le respect des lois, où les jeunes disposent de possibilités d’emploi, où les enfants ont accès à l’éducation et où les malades peuvent être pris en charge dans de meilleures conditions.

Derrière cette conception se trouve également une critique de la gestion des ressources publiques. Pour l’opposant, l’argent de l’État doit être utilisé prioritairement pour répondre aux besoins de la population et financer les services publics essentiels.

De la bataille constitutionnelle à la question sociale

Cette articulation entre défense de la Constitution et projet de société constitue l’un des axes du discours de Delly Sesanga.

L’enjeu, selon lui, ne serait donc pas uniquement de déterminer qui dirigera le pays après 2028, mais également de définir quel type d’État les Congolais veulent construire.

La démocratie, dans cette perspective, ne se résume pas à l’organisation périodique des élections. Elle doit également se traduire par l’État de droit, la protection des libertés publiques, la justice sociale, l’accès à l’éducation et aux soins de santé ainsi que la création d’opportunités économiques pour la jeunesse.

Le débat constitutionnel devient ainsi, dans son discours, le point de départ d’une réflexion plus vaste sur la gouvernance du pays.

Delly Sesanga veut finalement replacer la question institutionnelle au cœur d’une ambition politique plus globale.

« Nous ne défendons pas seulement une Constitution. Nous défendons le droit des Congolais à la dignité et à un autre avenir », affirme-t-il.

Son message se veut donc à la fois institutionnel, politique et social : préserver les règles constitutionnelles, garantir la tenue des élections, refuser tout glissement au-delà de 2028 et, dans le même temps, proposer une transformation profonde du fonctionnement de l’État.

À mesure que se rapproche l’échéance de 2028, la question constitutionnelle devrait continuer à occuper une place centrale dans la vie politique congolaise. Les manifestations récentes et les prises de position de l’opposition montrent déjà que le débat dépasse désormais les seuls cercles institutionnels et touche directement à la question de l’avenir politique de la RDC.

Pour Delly Sesanga, la ligne demeure donc clairement tracée : pas de troisième mandat, pas de changement de Constitution pour conserver le pouvoir et pas de glissement au-delà de 2028. Au-delà de cette bataille institutionnelle, il entend porter un projet de « Refondation du Congo » fondé sur un État de droit, la paix, la sécurité, l’emploi, l’éducation, la santé et une gestion des ressources publiques orientée vers les besoins des citoyens.

ITK

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