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Kabila : l’aventure du désespoir (Carte Blanche de Steve Mbikayi) !

Samedi, 17 octobre 2026-Acculé de toutes parts, l’ancien président choisit de jouer son va-tout. Condamné à mort par contumace par la Haute Cour militaire de la RDC, frappé de sanctions américaines, il avance sous le poids accumulé des contraintes. Sa rébellion est une tentative de salut personnel.

Une convulsion qui précède le dernier soupir.

Se dresser à la tête des forces d’occupation rwandaises, désormais présentées sous la bannière du Front pour la refondation de la nation, c’est habiller l’impasse en projet politique. Mais sous le neuf du vocabulaire demeure la vieille étoffe des intérêts. Changer le nom ne change ni la nature d’une entreprise ni les intérêts qu’elle sert.

Après les quatre années de règne de Kabila père et les dix-huit années de règne de Kabila fils, notre peuple devrait-il accepter que cette même famille reprenne les armes pour reconquérir la magistrature suprême ? La RDC serait-elle un patrimoine familial dont les Congolais ne seraient que les dépositaires provisoires ?

Le contraste est saisissant. D’un côté, le président Félix Tshisekedi engage le pays dans des démarches diplomatiques pour restaurer la paix et obtenir le retrait des troupes rwandaises venues sous le label Afdl et jamais reparties ; de l’autre, Joseph Kabila prend la tête de ces mêmes forces pour récidiver; reconquérir encore le pouvoir. Les efforts entrepris pour libérer notre territoire devraient-ils être sacrifiés aux ambitions d’une famille qui semble s’attribuer un droit perpétuel à gouverner la RDC ?

Nous devons dire non. Non à la reconquête du pouvoir par les armes. Non à la recolonisation de notre pays sous couvert de refondation nationale. Non à la confiscation de notre avenir par une dynastie.

Comme tout dirigeant, le président Tshisekedi a ses qualités et ses défauts. Son action peut être discutée, critiquée, contestée. Mais l’opposition à sa personne ou à son pouvoir ne saurait justifier le ralliement à des forces d’occupation. Aucun désaccord politique ne nous oblige à choisir la tutelle rwandaise. Aucune hostilité envers un président ne saurait nous conduire à livrer notre pays. Ne confondons pas le combat contre un pouvoir avec le combat contre notre propre souveraineté.

Levons-nous pour bouter les forces d’occupation hors de notre territoire. Ensuite, nous réglerons nos problèmes en famille. Nos divergences nous appartiennent ; elles ne donnent à aucune puissance étrangère le droit de disposer de notre avenir.

Quant à Joseph Kabila, il est encore temps de rebrousser chemin avant que la pente ne devienne gouffre. Persister dans cette voie, c’est risquer une fin à la Savimbi ou à la Charles Taylor, plutôt qu’un retour au Mont Ngaliema. Ceux qui le suivent feraient bien de mesurer où cette aventure les entraîne. Ils ne servent pas une refondation nationale. Ils accompagnent une tentative de survie personnelle dans un engrenage irréversible.

Joseph Kabila et Paul Kagame, metteurs en scène de cette entreprise, en payeront surement le prix.

La RDC n’est ni l’héritage des Kabila ni une possession du Rwanda.

À bon entendeur, salut !

Steve MBIKAYI MABULUKI 

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