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Kongo Central : Le paludisme, tueur silencieux bien plus mortel que le VIH, la Covid-19 ou la rougeole !

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Vendredi, 1er août 2025-Alors que les projecteurs sont souvent braqués sur des maladies dites « à potentiel épidémique » comme la Covid-19, le VIH/Sida ou encore la rougeole, c’est une autre pathologie, plus ancienne et apparemment banalisée, qui continue de semer la mort dans la province du Kongo Central : le paludisme.

D’après des données sanitaires confidentielles obtenues auprès d’un agent de santé ayant requis l’anonymat, le paludisme reste la première cause de mortalité dans cette province.

Rien que pour le premier semestre de l’année en cours, 244.156 cas ont été enregistrés dans les 31 zones de santé de la province, avec 1.469 décès recensés. Des chiffres accablants, largement supérieurs aux cas de décès liés à d’autres maladies pourtant jugées très graves.

À titre comparatif, 605 nouveaux cas de séropositivité au VIH ont été identifiés durant la même période, et 534 patients mis sous traitement antirétroviral, soit un total de 9.315 cas actifs. Ces statistiques ont été fournies de manière transparente par le Dr Vicky Mabiala Bonde, Médecin-Coordonnateur provincial du Programme National de Lutte contre le VIH/Sida et les IST (MCP-PNLS).

La disproportion entre les victimes du paludisme et celles des autres pathologies interpelle : le paludisme tue plus que toutes les autres maladies réunies, et pourtant, il semble susciter moins d’attention de la part des autorités sanitaires et des populations.

Une maladie évitable… mais négligée

Maladie parasitaire transmise par les piqûres de moustiques anophèles infectés par le Plasmodium, le paludisme peut pourtant être évité. Les mesures de prévention sont connues : porter des vêtements couvrants le soir, utiliser des moustiquaires imprégnées, protéger les berceaux avec de la mousseline, poser des grillages aux fenêtres, tremper les rideaux dans de l’eau insecticide… autant de gestes simples mais trop peu appliqués.

De plus, les zones de Kwilu-Ngongo et Kimpese, situées dans l’ex-district des Cataractes, figurent parmi les localités les plus touchées, avec une prévalence inquiétante.

Autre sujet d’inquiétude : la résistance accrue du parasite aux antipaludiques couramment utilisés et des moustiques aux insecticides de plus en plus inefficaces. Cette évolution rend la lutte encore plus complexe et urgente.

Face à cette situation, les professionnels de la santé appellent à la mise en œuvre rapide de nouvelles stratégies de lutte. Ils réclament des campagnes de sensibilisation massives, notamment dans les zones à risque, ainsi qu’un appui gouvernemental renforcé pour la recherche de solutions innovantes.

Une urgence de santé publique

Le paludisme n’est pas une fatalité. Avec une volonté politique affirmée, une mobilisation communautaire et une prise de conscience collective, le Kongo Central peut inverser la tendance. En attendant, il est plus que jamais nécessaire que chaque famille joue son rôle, notamment en éliminant les gîtes larvaires autour des habitations.

Au Kongo Central, le paludisme n’est pas seulement une maladie. C’est une urgence de santé publique que l’on ne peut plus ignorer.

Dieudonné MUAKA DIMBI

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