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Kagame s’assume, Nanga se dévoile (146ème Tribune de Steve Mbikayi)

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Dimanche, 30 novembre 2025-Dans la tribune 145, nous avons dénoncé les velléités de certains pères spirituels de forcer la note afin de s’imposer comme acteurs politiques à part entière. Au lieu d’encourager les politiciens à s’entendre, le Cardinal a soutenu que tout compromis trouvé sans leur participation serait nul. Une manière claire d’annoncer que l’Église souhaite occuper un rôle actif dans l’arène politique.

Si l’idée de dialoguer peut sembler noble, il convient d’abord de s’interroger : pourquoi dialoguer, quand dialoguer et avec qui dialoguer ?

Dans le dialogue qu’ils sollicitent aujourd’hui, certains prélats s’invitent eux-mêmes comme médiateurs. Or, dans notre histoire récente, ce sont toujours les acteurs politiques qui ont sollicité l’implication de l’Église : ce fut le cas à la CNS comme lors du dialogue de la CENCO en 2016.

En 2025, les princes de l’Église ne répondent plus à une demande. Ils prennent l’initiative d’organiser un dialogue. Problème : l’un des camps politiques majeurs, le nôtre, ne fait manifestement plus confiance aux dirigeant actuels de la CENCO. Et les raisons de cette méfiance sont évidentes.

La partialité

Les penchants répétés en faveur de l’opposition, y compris armée.
Et surtout leur silence assourdissant face à l’agression rwandaise et aux propos irresponsables de Paul Kagame.
Les exemples sont nombreux.

S’ils étaient neutres, nos pères spirituels condamneraient les excès et les atrocités commises par l’AFC/M23. Mais sur les massacres de Goma et les violations massives des droits humains dans les zones occupées, ils se taisent. En revanche, à la moindre erreur du pouvoir légitime, ils sortent du bois avec une diligence remarquable.

L’actualité récente en fournit une illustration parfaite. Kagame a reconnu publiquement qu’il occupe Goma et Bukavu, affirmant qu’il ne les rendrait que s’il obtient ce qu’il veut. Que veut-il ? L’annexion de Rutshuru à son pays ?

Au même moment, Corneille Nangaa, par sa déclaration, a levé le voile sur l’objectif ultime : un projet de  » fédéralisme  » qui n’est qu’un prélude à la stratégie rwandaise d’annexion d’une partie de notre territoire.

Nous saluons les réactions négatives de la classe politique, toutes tendances confondues, face à ce plan machiavélique, et en particulier celles de l’opposition non armée, qui a rappelé courageusement son attachement à l’intégrité du territoire national. Patriotisme oblige.

Pendant ce temps, les dirigeants de la CENCO et de l’Église protestante, eux, observent un mutisme déconcertant. Pas un mot sur les balivernes de Paul Kagame, pas un mot sur l’égarement de Corneille Nangaa.

Dès lors, comment le régime en place pourrait-il accorder sa confiance à des institutions aussi sélectives dans leurs indignations, surtout lorsqu’elles prétendent piloter un « pacte pour la paix » ?

Quant à la classe politique dans son ensemble, elle doit comprendre que la priorité absolue n’est ni l’organisation des élections ni le changement à la tête du pays.
La priorité, c’est la lutte pour la récupération de la portion de notre territoire occupée par le Rwanda.

À ce niveau, nous devons être unis derrière celui qui incarne la légalité et qui ne ménage aucun effort pour réunifier la mère patrie.

Il est vrai que l’organisation des élections dans le délai constitutionnel est un impératif. Mais, la restauration de l’intégrité territoriale est hiérarchiquement supérieure dans l’ordre des priorités.

Le pouvoir et l’opposition légitimes doivent fédérer leurs forces pour chasser les agresseurs.

Soutenir la rébellion équivaut à repousser indéfiniment les élections que nous aurions tous voulu voir se tenir dans le délai constitutionnel.

Aucun Congolais soucieux de l’ intégrité territoriale de son pays ne peut exiger des élections dans les conditions actuelles, au risque de contribuer à la partition du territoire.

Tout patriote congolais reconnaîtra la légitimité et le bien-fondé de cette position.

Vrai ou faux ?

 

 

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