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RDC-Manifestations anti-MONUSCO : Pour le doctorant Jacques Muhindo, seul le plaidoyer auprès du gouvernement devrait être renforcé !

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10 avril 2021-Des manifestants, des journées sans activités et autres types d’actions sont menées dans la province du Nord-Kivu, particulièrement dans la partie Grand Nord, depuis le lundi 5 avril dernier pour exiger les retraits des troupes de la MONUSCO de cette partie de l’Est de la RDC.

Les populations de cette partie reproche aux soldats de la paix, « la passivité et l’inefficacité » face aux odieux massacres des civils dans la région de Beni et de toute forme d’insécurité résultant de l’activisme des groupes armés aussi nationaux qu’étrangers.

Le même mouvement de protestation contre les Casques bleus, cible aussi les organisations humanitaires internationales présentes dans cette province, accusées d’être de près ou de loin impliquées dans l’insécurité qui déchire le Nord-Kivu.

Cette forme de retournement de la population contre les organisations internationales dont la MONUSCO, pousse à plusieurs analyses dans la sphère scientifique de l’intérieur tout comme de l’extérieur du pays.

Ainsi, pour Jacques Muhindo Vyalirendi, doctorant en relations internationales et spécialisation en organisations internationales à l’Université de Nairobi au Kenya, en lieu et place des manifestations et autres formes de protestation, qui du reste constitue une nouvelle menace contre certaines couches de la population, seul le plaidoyer serait renforcé auprès du gouvernement et de la MONUSCO.

Dans une interview accordée à Okapinews.net jeudi 8 avril, l’expert parle d’un plaidoyer qui consisterait à aller directement vers la MONUSCO pour lui démontrer ses faiblesses, qui devraient être aussi être portées au gouvernement ayant le seul monopole de décider de l’avenir de cette mission au pays.

« Normalement, il faut continuer le plaidoyer au niveau de la MONUSCO et du gouvernement. La pression de la rue, je ne pense pas que ce soit le meilleur plaidoyer. Il faut directement aller vers la MONUSCO, lui demander clairement de partir si elle n’a pas bien endossé ses responsabilités », a-t-il dit.

Le doctorant Jacques Muhindo Vyalirendi demontre aussi qu’au delà de la MONUSCO comme Mission, les organisations de la société civile, s’activeraient dans ce genre de plaidoyer formel en s’adressant directement aux Nations-Unies, qui devraient être saisies sur l’insatisfaction de la population, face à l’insuffisance des résultats de la mission dans le maintien et la stabilisation de la paix.

Toutefois, le spécialiste en organisation internationale rappelle qu’en matières de sécurité, les premières responsabilités reviennnent à l’Etat congolais, qui a la mission régalienne de protéger ses citoyens, en attendant toute forme de soutien et d’appui.

Pour le moment, les manifestations anti-MONUSCO s’intensifient dans la province du Nord-Kivu.

Le jeudi 8 avril, sont les mouvements citoyens et groupes de pression de la ville de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, qui ont rejoint leurs collègues du grand Nord, en décrétant deux journées sans activités afin d’obtenir le départ de la Monusco.

En ville de Butembo et Beni dans le grand Nord, les activités socio-economiques sont paralysées depuis lundi 5 avril, suite à une série de 10 jours sans activités, décrétés par la synergie des associations de la FEC, des mouvements citoyens et groupes de pression qui s’opposent à la présence « passive » de la MONUSCO dans cette région de l’Est de la RDC.

Didy MUHINDO

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