
Jeudi, 5 février 2026-Cinq personnes d’une opposition , réunies dans une salle à Bruxelles, ont déclaré avec solennité que « la quête d’un dialogue n’est nullement un signe de faiblesse ». En psychologie, cela s’appelle une incongruence.
En réalité, leur discours trahissait exactement l’inverse : ils sollicitent un dialogue politique parce qu’ils sont en position de faiblesse. Et cette faiblesse est manifeste.
La RDC est aujourd’hui orpheline d’une opposition forte. Je me souviens d’une époque où l’union sacrée de l’opposition radicale paralysait le pays tout entier : marches pacifiques, villes mortes, grèves à répétition. Malgré sa pluralité, toute l’opposition était derrière un seul leader : Étienne Tshisekedi.
C’est cette pression populaire et politique qui plaçait le pouvoir en position de faiblesse. Et c’est précisément pour gouverner sans heurts qu’il invitait l’opposition au dialogue.
Oui, c’est celui qui vacille qui sollicite le dialogue politique pour reprendre son souffle.
Je me souviens encore d’un soir de l’année 1991 où le maréchal, Chef de l’ État, fut contraint de se rendre lui-même sur le plateau de la télévision nationale afin de lire l’ordonnance nommant Étienne Tshisekedi Premier ministre.
La population rejeta aussitôt cette nomination. À ses yeux, le chef de l’opposition devait être élu par la Conférence nationale souveraine, non désigné unilatéralement par un président de la République finissant.
Ce qui fut fait.
Aujourd’hui, l’opposition est disparate, éparpillée, sans ancrage réel et sans leader.
Plutôt que d’affronter le pouvoir sur le terrain, beaucoup préfèrent pérorer à des milliers de kilomètres du pays.
Dans ces conditions, la demande de dialogue politique n’est rien d’autre qu’un aveu de faiblesse.
L’ouverture consentie par le Chef de l’État constitue pour eux une aubaine à saisir sans délai… ou à laisser passer en attendant les prochaines élections.
En étant en position de faiblesse, l’opposition actuelle n’a rien à imposer au Président de la République.
Hier, l’opposition était forte parce qu’elle avait maîtrisé la rue. Elle bravait le danger et menait son combat au pays.
Celle d’aujourd’hui préfère l’exil.



