
Dimanche, 14 décembre 2025-Je suis profondément choqué par l’accumulation d’actes d’hostilité, d’injustice et de stigmatisation visant le Président honoraire Joseph Kabila Kabange. Aucun esprit rationnel ne saurait comprendre, encore moins tolérer, cette dérive préoccupante qui s’apparente à une campagne de déshumanisation et de destruction symbolique. Ces actes constituent une grave atteinte aux principes de l’État de droit et ternissent l’image de l’élite politique ainsi que celle de l’ensemble de la République.
Ces scènes regrettables s’ajoutent à une série de pratiques qui continuent d’éroder le prestige du pays de Lumumba. Le Congo traverse une crise profonde, multiforme, où le mal se manifeste aussi bien sur le plan moral, politique qu’institutionnel.
Si j’ai, par le passé, dénoncé l’aveuglement que peut engendrer l’opulence face à la souffrance du peuple, je constate aujourd’hui qu’elle nourrit également une illusion de toute-puissance et de réussite au sommet de l’État. Lorsqu’elle se traduit par le mépris et l’arbitraire, cette posture devient particulièrement inquiétante. Je condamne.
Dans cette même dynamique, la province du Katanga endure une situation de plus en plus alarmante. Les dénonciations relatives à un processus accéléré de domination politique et économique y sont persistantes : leaders inquiétés ou persécutés, populations locales se sentant marginalisées sur leurs propres terres, insécurité débordante et un sentiment de frustration collective atteignant un niveau critique. Les princes et princesses de la dynastie régnante s’y livrent sans retenue, pillant et détruisant systématiquement le tissu économique.
Dès lors, des interrogations légitimes émergent quant à la sincérité de l’appel à la cohésion nationale lancé par le Président de la République. Il convient de rappeler, avec responsabilité et lucidité, que l’ancrage territorial et historique du Président honoraire Joseph Kabila est une réalité connue de tous, qu’aucune mise en scène politique ou démonstration de force ne saurait effacer.
Joseph Kabila, Moïse Katumbi, le pasteur Mulunda, parmi tant d’autres figures politiques et sociales du Katanga Ciblées, ainsi que des officiers supérieurs détenus sans jugement et des jeunes Katangais déplacés brutalement vers des destinations inconnues, illustrent un climat de crispation extrême.
Le Katanga saigne et s’éloigne dangereusement du consensus national. À ce stade, il serait illusoire de croire que des opérations de communication ou des gesticulations ponctuelles puissent apaiser une crise aussi profonde. Je m’inquiète.
Tenter d’écarter le projet du dialogue sincère ( ECC-CENCO), au profit de la démonstration de force, sans signaux d’apaisement ni perspective d’espérance collective, relève d’une stratégie politiquement périlleuse.
Chaque acte d’injustice posé aujourd’hui constitue un germe de ressentiment pour demain et alimente un cycle de violences dont les conséquences pourraient être irréversibles. Je préviens .
Si l’orgueil politique conduit à ignorer la souffrance réelle du peuple congolais, alors il faut le dire avec gravité : la stabilité et l’avenir même du Congo sont sérieusement menacés.
Richard Muyej Mangez Mans



