
Jeudi, 31 octobre 2024-En s’opposant à l’initiative de la révision constitutionnelle prise par le Président de la République, la CENCO, le Comité laïque de coordination, l’Opposition… se réfèrent à quelles dispositions constitutionnelles ?
L’ Article 218 de la Constitution est claire :
L’initiative de la révision constitutionnelle appartient concurremment :
1. Au Président de la République ;
2. Au gouvernement après délibération en Conseil des ministres ;
3. À chacune des Chambres du Parlement à l’initiative de la moitié de ses membres ;
4. À une fraction du peuple, en l’ occurrence 100.000 personnes s’exprimant par une pétition adressée à l’une des deux chambres.
D’où les Évêques catholiques tirent-ils leur mission prophétique d’ empêcher à un Président de la République de jouir de ses prérogatives constitutionnelles ?
Nous entendons dire qu’ on peut réviser mais, ce n’est pas le moment. Qui a donné à ceux qui allèguent ça le pouvoir d’apprécier le moment d’une révision constitutionnelle ?
Chacune des initiatives de la révision constitutionnelle prise par le Président de la République , le Gouvernement , le Parlement ou par 100.000 citoyens est soumise à l’ Assemblée nationale et au Sénat qui en décident, à la majorité absolue de chaque Chambre, du bien fondé du projet, de la proposition ou de la pétition de révision.
Donc , seuls les députés nationaux et les sénateurs ont le droit de juger de l’opportunité, de la pertinence et du moment propice pour une révision constitutionnelle.
Ce n’est pas le rôle des évêques , des laïques catholiques ou protestants. Quant à l’opposition, elle doit faire valoir ses arguments à l’hémicycle lors du débat .
Menacer de descendre dans la rue, sensibiliser les fidèles dans les églises pour faire barrage à une initiative prise par le Chef de l’ État ou par toute autre institution jouissant de ses prérogatives constitutionnelles est une démarche à la fois incivique et amorale.
Nous reconnaissons à la société civile et à l’opposition le droit de s’opposer avec la dernière énergie à la violation des lois de la République et des droits de l’homme par les tenants du pouvoir. Mais, elles ne doivent pas elles mêmes devenir les championnes de la violation de la Constitution, des textes légaux et des droits des dirigeants.
Nous avons le devoir d’éclairer la lanterne de la population sur le fait que devenue mûre, elle ne doit pas tout gober et descendre dans la rue pas pour des revendications fondées mais, pour servir les intérêts égoïstes et occultes de certains princes de l’ église, des acteurs de la société civile et des leaders politiques en mal de positionnement.
Jamais nous n’avons entendu un appel pour descendre dans la rue en vue de réclamer l’amélioration de ses conditions de vie de la population. Tout tourne autour des revendications politiques.
Nous ne pouvons pas prétendre avoir le monopole de la vérité sur cette question. C’est aussi possible que nous soyons à côté de la plaque. Nos concitoyens qui s’opposent à la révision constitutionnelle ont sûrement leurs raisons. Nous les invitons à les avancer en s’appuyant sur la légalité.
Ici , il ne s’agit pas d’exprimer ses émotions selon qu’on est de la majorité ou de l’ Opposition ou encore de se livrer au fanatisme .
Ça doit être un débat citoyen avec comme toile de fond le respect de la Constitution et des lois qui régissent notre société. Pas besoin de vociférer, invectiver, insulter…
» Pièce contre pièce » , nous attendons les arguments juridiques de ceux qui s’opposent à la révision constitutionnelle initiée par le Président de la République.



