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Journée Internationale de la liberté de la Presse : « On a l’impression que certains journalistes montent sur le plateau ou entre au studio en sortant d’une beuverie trop chargée en alcool de mauvaise qualité… » Tito Ndombi

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Mardi, 3 mai 2022-C’est à l’hôtel Béatrice que la Journée Internationale de la liberté de la Presse a été célébrée ce 3 mai en présence du Ministre de la Communication et médias, Patrick Muyaya Katembwe. Sous le thème  » le journalisme sous l’emprise du numérique », cette journée a connu la présence de plusieurs personnalités de la presse congolais dont le président du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication.

Dans son allocution, Visiblement très déçu, Tito n’est pas allé par le dos de la cuillère pour condamner la façon de faire de certains journalistes qui se croient tout permis.

Selon lui, la presse est le contre-pouvoir de tous les autres, pour la défense des citoyens contre l’injuste et l’arbitraire. Mais, dit-il, le journalisme libre, un peu ivre de cette liberté, quand il est exercé sans compétence et sans principes professionnels forts, est un danger pour la société et pour la liberté de la presse, à cause, surtout, d’un nouveau variant de journalistes.

« Comme on le voit souvent, au service d’eux mêmes, de leurs amis ou de leur carrière plus qu’au service de la démocratie. Aujourd’hui, les médias sont infestés d’individus sans limites, professionnels comme intervenants, animés par un sentiment de surpuissance, qui pensent qu’ils peuvent s’exonérer de toutes les règles de la profession et des lois de la République. Il n’y a qu’à voir les hallucinants caquetages auxquels certains journalistes nous soumettent chaque jour dans les médias. Un cauchemar délirant. On a l’impression que certains journalistes montent sur le plateau ou entre au studio en sortant d’une beuverie trop chargée en alcool de mauvaise qualité. Pire, la presse entretient avec le pouvoir politique un commensalisme qui limite fortement sa capacité réelle de porter des jugements indépendants », regrette le président du CSAC.

Pourtant, a-t-il poursuivi, les défis sont énormes et la mission des journalistes n’a jamais été aussi importante pour préserver la démocratie, surtout à la veille d’un nouveau cycle électoral.

« Pour nous, acteurs du secteur, nous l’avons dit aux derniers états généraux de la presse, de travailler ensemble et de résister. Le journaliste doit toujours avoir conscience des conséquences des informations qu’il diffuse. Savoir que toute incitation à la discrimination, à la haine ou la violence ne peut être considérée comme l’exercice légitime du droit à la liberté d’expression et par ricochet à la liberté de la presse. Des lois et des principes tracent les limites du contrôle de la presse. Or, les lois du secteur de la presse ont aujourd’hui besoin d’un grand dépoussiérage. La Journée mondiale de la liberté de la presse, justement, est l’occasion de rappeler solennellement et de lancer un appel à notre gouvernement sur la nécessité de respecter et d’accomplir son engagement pour la liberté de la presse, notamment l’engagement de créer un environnement propice à la liberté d’expression et à l’accès à l’information, en adoptant des mesures juridiques appropriées », a lancé Tito Ndombi.

Abordant le thème du jour, le président du CSAC a rappelé que le paysage médiatique évolue chaque jour. L’émergence de la production journalistique sur internet a profondément modifié l’univers des médias.

« Nous sommes à un tournant décisif dans l’approche de la problématique de la régulation, confrontée à la prolifération, l’amplification et la promotion croissante de contenus potentiellement préjudiciables, y compris la désinformation et le discours de la haine, susceptibles de porter atteinte aux droits des personnes et à la qualité du débat public. La transition vers le numérique crée des nouveaux medias qui, à l’heure actuelle, ne sont pas pris en compte dans le corpus juridique de la RDC. Les contenus diffusés par satellite, internet par des chaînes Youtube, par la voie du téléphone mobile, pour ce qui est des réseaux sociaux, échappent au régulateur », a-t-il expliqué.

Il pense que la révolution numérique incite désormais à réfléchir sérieusement sur la stratégie à mettre en place pour réguler ce monde numérique afin de mieux encadrer ses activités et endiguer les abus notamment en matière de désinformation et de discours de haine.

Le but étant de mieux protéger la liberté d’expression et de la presse ainsi que la qualité de l’information.

« Nous ne le dirons jamais assez: un paysage médiatique régulé est la garantie pour un meilleur exercice de la liberté de la presse. Face à la digitalisation et l’explosion des plateformes numériques ainsi qu’aux inquiétudes qu’elles suscitent notamment en matière de désinformation, de discours de haine et d’incitation à la violence, il est plus que temps de mettre en place une stratégie pour renforcer les capacités de l’instance de régulation pour l’aider à mieux endiguer les abus. Il est temps que le gouvernement pense à la nécessité de soutenir au quotidien l’autorité de régulation dont le rôle est prépondérant dans la création d’un espace médiatique vertueux en RDC », a-t-il lancé un appel.

Plusieurs autres personnalités ont pris la parole au cours de cette cérémonie notamment le Ministre Muyaya, le Représentant-pays d’Internews et les chefs des missions diplomatiques.

Kevin INANA

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