
Jeudi, 8 mai 2025-La figure de Jules Alingete, Inspecteur général des finances en République démocratique du Congo (RDC), jadis célébrée comme un pilier de la lutte contre la corruption, se retrouve aujourd’hui au centre d’un tourbillon d’accusations et de controverses. Plusieurs dossiers mettent en cause sa gestion à la tête de l’Inspection Générale des Finances (IGF), une institution clé dans le contrôle de l’utilisation des fonds publics.
Affaire des 28 millions USD de jetons de présence
L’un des cas les plus retentissants concerne le versement de 28 millions de dollars de jetons de présence à 262 membres d’une commission présidentielle mise en place en avril 2023.
Cette structure, chargée de surveiller la mobilisation des recettes publiques, a tenu 32 réunions sur une période de neuf mois, et a permis, selon les autorités, la récupération de près de 7 milliards de dollars au profit de l’État congolais.
La polémique est née lorsque des critiques ont qualifié ces paiements de “détournement”, pointant du doigt Jules Alingete comme l’exécutant d’un système de rémunérations occultes.
Cependant, selon l’IGF, ces paiements auraient été effectués sur ordre formel de la hiérarchie présidentielle, ce qui dégage la responsabilité directe de l’institution quant à l’origine de la décision. Les partisans d’Alingete affirment que les chiffres ont été grossis à dessein pour nuire à l’image d’un homme devenu gênant pour certaines figures politiques.
Soupçons autour d’un détournement de 12 millions USD au ministère de l’Économie…
Une autre affaire jette une ombre supplémentaire sur le parcours de Jules Alingete : une plainte datant de 2021 l’accuse d’avoir étouffé un détournement présumé de 12 millions de dollars issus de rétro-commissions au ministère de l’Économie.
D’après les plaignants, Alingete aurait encouragé la Ministre de l’époque à ne pas restituer les fonds détournés et à les considérer comme des “gains personnels”, ce qui soulève des questions sur son impartialité et son intégrité.
L’IGF crie à la cabale politique
En réponse à cette avalanche d’accusations, l’IGF dénonce une cabale orchestrée contre Jules Alingete.
Elle estime que ces attaques visent à affaiblir une institution devenue redoutée pour son efficacité dans la lutte contre la corruption.
“Quand on ne peut pas affronter l’institution, on s’en prend à son animateur principal”, dit un proche de Jules Alingete soulignant que l’IGF agit dans le strict cadre de ses prérogatives légales.
Appels à un audit indépendant
Face à ces révélations, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer un audit indépendant et rigoureux de la gestion de Jules Alingete à la tête de l’IGF.
Pour bon nombre de congolais, seule une enquête impartiale permettra de faire toute la lumière sur la réalité des fonds engagés, l’origine des instructions, et la chaîne de responsabilité.
Un tournant pour la gouvernance en RDC ?
Ces affaires placent la République démocratique du Congo à un moment critique de sa gouvernance financière. Si l’IGF s’est imposée comme un levier de contrôle redoutable, les soupçons qui pèsent aujourd’hui sur son leadership risquent d’éroder la confiance du public.
Plus que jamais, la transparence et la redevabilité s’imposent comme des impératifs pour crédibiliser la lutte contre la corruption.
Un audit en gestation….
Selon une source proche de la présidence de la République, ce remplacement à la tête de l’inspection générale des finances n’est pas anodin. Le chef de la République voudrait également voir clair sur toutes les accusations qui pèsent sur le superflic.
Voilà pourquoi, les services d’un cabinet d’audit aurait été sollicités pour tirer au clair ces différentes accusations qui pourront ternir l’image de la présidence de la République.
Sauf changement des dernières minutes, ce cabinet pourra se mettre au travail déjà après la remise et reprise entre Alingete et Batisimwa.
Aussi, Alingete ne pourra donc pas quitter le territoire national jusqu’à la fin de cet audit indépendant.
Il sied de noter que plusieurs personnalités politiques ont salué ce remplacement estimant que Jules Alingete en faisait de trop notamment avec son populisme qui eu des conséquences sur l’image de marque de certains visages respectueux de la République.
Blanchiment des capitaux et conflits d’intérêts…
Jules Alingete Key, ancien Inspecteur général des finances (IGF) en République démocratique du Congo, a été au cœur de controverses liées à des accusations de conflit d’intérêt, de fraude fiscale et de blanchiment d’argent.
Selon une enquête de LSi Africa, il aurait, jusqu’en 2020, géré les dossiers fiscaux du groupe Rawji via l’agence D.A. Consulting Office (D.A.C.O Sarl), dont il détenait 54 % des parts.
Cette implication soulève des questions sur l’intégrité des institutions chargées de lutter contre la corruption.
Cependant, certains observateurs estiment que ces accusations pourraient révéler des pratiques nuisibles dont cet homme tant vanté était auteur.
Malgré ces controverses, Jules Alingete aurait continué à se tremper dans des dossiers douteuses et non conforme à la loi surtout.
Selon bon nombres de congolais, il se servait de sa position proche du président de la République pour se faire un peu la santé de crédibilité.
Sans reserve, l’homme au cœur du scandale a notamment affirmé que le taux de corruption dans les actes de gestion publique est passé de 80 % à 50 % en cinq ans, selon les statistiques de l’IGF.
Le 7 mai 2025, le président Félix Tshisekedi a mis fin aux fonctions de Jules Alingete à la tête de l’IGF, le remplaçant par Christophe Bitasimwa Bahii.
Cette décision intervient dans un contexte de débats sur l’intégrité et l’efficacité des institutions de lutte contre la corruption en RDC.
C’est un dossier à suivre !
ITK



