
Lundi, 16 juin 2025 –Une nouvelle enquête de l’Inspection Générale des Finances (IGF) jette une ombre sur la gestion de plus de 55 millions de dollars américains attribués à deux grandes institutions religieuses congolaises, la CENCO (Conférence Épiscopale Nationale du Congo), l’ECC (Église du Christ au Congo), ainsi qu’à l’ONG WINNER.
Le rapport, encore non officiellement publié mais consulté par la rédaction de BETO, met en évidence des irrégularités financières graves sur un montant estimé à 25,06 millions USD, soit près de 45 % des fonds alloués par l’État à ces trois structures. Il évoque une série de pratiques douteuses allant des dépenses non justifiées, aux primes indûment versées, en passant par des affectations de fonds contraires aux objectifs prévus, et dans certains cas, de possibles détournements avérés.
Trois entités dans la tourmente
La CENCO, qui a bénéficié de 28,5 millions USD, est mise en cause pour une mauvaise gestion portant sur 2,29 millions USD, notamment au sein du Secrétariat général et dans plusieurs diocèses.
L’ECC, de son côté, a reçu 20,82 millions USD. Le rapport dénonce une gestion centralisée sans transparence, l’absence de structures de coordination, des pratiques salariales irrégulières et des dépenses sans lien clair avec les projets financés. Le montant des anomalies s’élève ici à 7,9 millions USD.
Quant à l’ONG WINNER, qui a reçu 6,6 millions USD, l’IGF note une absence totale de traçabilité comptable.
Aucune pièce justificative n’a été fournie. En conséquence, l’institution recommande le blocage des avoirs de l’organisation, dans l’attente d’un audit approfondi.
Des recommandations fermes
Face à ces dérives, l’IGF appelle à des mesures immédiates :
1. Suspendre tout financement futur en faveur des entités concernées ;
2. Exiger des explications détaillées pour chaque dollar non justifié ou détourné de son objectif initial.
Ce rapport met en lumière un grave déficit de redevabilité et de gouvernance dans la gestion des fonds publics par certaines structures partenaires de l’État. Il pose aussi la question de la viabilité des collaborations actuelles entre le gouvernement et les acteurs religieux ou associatifs dans le cadre de projets publics.
Au moment de la publication, ni la CENCO, ni l’ECC, ni WINNER n’avaient donné suite aux demandes de réaction formulées par BETO.
ITK



