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Djugu : une nuit d’enfer à Rhoo, 3 100 personnes, dont 900 enfants, sauvées in extremis par la MONUSCO !

Lundi, 27 septembre 2026-L’Ituri vient de vivre une nouvelle nuit sanglante. Plus de trois mille civils ont dû abandonner leurs habitations pour se réfugier auprès des Casques bleus.

Le drame s’est joué dans la nuit du dimanche 27 au lundi 28 septembre. Des combats d’une rare violence ont éclaté simultanément à Nyampala et à Rhoo, au cœur du territoire de Djugu.

À l’origine, un affrontement direct entre des miliciens de la CODECO et des combattants de la CRP, rapidement rejoints par les FARDC venues tenter de reprendre le contrôle de la situation.

La panique a été totale. Même le site des déplacés de Rhoo, censé être un havre de paix, s’est vidé. Femmes enceintes, enfants sur le dos et vieillards soutenus par leurs petits-enfants : une marée humaine s’est ruée vers la Base opérationnelle temporaire de la MONUSCO.

« On n’avait plus de choix. C’était venir ici ou mourir. La MONUSCO est notre seul espoir de rester en vie », témoigne, sous le choc, Vyanye Dirokpa, un déplacé rencontré par nos confrères de Radio Okapi.

Un autre rescapé, la voix tremblante, confie : « Sans les Casques bleus, nous serions tous morts à l’heure qu’il est. »

À l’intérieur de la base, les Casques bleus du contingent bangladais ont mis en place un dispositif d’urgence. Selon un communiqué de la mission onusienne, 3 100 personnes, dont 1 600 femmes et 900 enfants, ont été sécurisées, abritées et protégées.

Le service médical de la MONUSCO a également dû intervenir en urgence pour prendre en charge neuf blessés graves, parmi lesquels deux hommes atteints par balles, quatre femmes, deux fillettes et un bébé de seulement 10 mois.

Lundi à l’aube, la situation restait explosive. Des crépitements d’armes automatiques retentissaient encore à Blukwa, à 4 km de Rhoo, où des assaillants assimilés à la CODECO ont incendié plusieurs maisons du centre. L’intervention conjointe des FARDC et de la MONUSCO a permis de repousser l’attaque.

Le bilan, encore provisoire, reste lourd : trois déplacés tués et une quinzaine de miliciens neutralisés, selon des sources locales.

Au même moment, à 30 km au nord de Bunia, à Gina, un autre front s’est ouvert entre les FARDC et la CRP, poussant des centaines d’autres civils vers la base népalaise de la MONUSCO. Des patrouilles sont désormais menées jour et nuit sur la RN27 ainsi que sur les axes Panga Panga–Gina–Nyampala.

Malgré la peur, un léger retour au calme était observé ce lundi après-midi. Quelques marchés ont timidement rouvert sous haute surveillance.

Une fois encore, l’Ituri paie le prix fort de la non-application du cessez-le-feu.

Jospin wa JORKIM

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