Mardi, 13 octobre 2026-La délégation syndicale de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) hausse le ton. À l’issue d’une assemblée générale animée par son président, Stany Bomongo, et les délégués syndicaux, elle a décidé d’accorder un préavis de grève de huit jours au gouvernement pour obtenir des réponses concrètes à ses revendications. Au cœur de ce bras de fer : le complément de salaire des agents, l’amélioration des conditions de travail et le respect des prérogatives de l’administration centrale.
Le climat social au sein du secteur de l’Enseignement supérieur et universitaire pourrait connaître une nouvelle phase de tension. Réunis en assemblée générale, les représentants syndicaux ont décidé de donner au gouvernement un délai de huit jours pour répondre favorablement à leur cahier de charges, avant le déclenchement éventuel d’une grève sèche.
Cette décision traduit l’exaspération de la délégation syndicale face à des revendications qu’elle estime toujours insatisfaites. Pour les représentants des agents, l’heure n’est plus seulement aux discussions, mais à la recherche de solutions concrètes susceptibles d’apaiser les tensions et de garantir de meilleures conditions de travail.
À travers ce préavis, la délégation syndicale entend ainsi mettre le gouvernement devant ses responsabilités et obtenir des engagements précis sur les différentes préoccupations soulevées.
Le paiement du complément salarial au centre des revendications
Parmi les principales exigences figure le paiement des 50 % restants du complément salarial des agents, un montant évalué à un milliard de francs congolais, selon la délégation syndicale.
Cette revendication constitue l’un des points majeurs du cahier de charges présenté aux autorités. Pour les représentants syndicaux, le règlement de cette somme est indispensable pour permettre aux agents de bénéficier de l’intégralité de la rémunération réclamée.
Au-delà de la question financière, cette exigence renvoie également aux attentes du personnel en matière de reconnaissance professionnelle et de respect des engagements pris envers les travailleurs du secteur.
La délégation syndicale attend donc du gouvernement des mesures susceptibles de déboucher sur le paiement effectif de cette somme. Elle considère que l’amélioration de la situation sociale des agents doit figurer parmi les priorités des autorités en charge de l’Enseignement supérieur et universitaire.
Des locaux adaptés pour améliorer les conditions de travail
La question des infrastructures figure également parmi les préoccupations soulevées au cours de l’assemblée générale. La délégation syndicale réclame la mise à disposition de locaux appropriés afin de permettre aux agents d’exercer leurs fonctions dans un environnement de travail adéquat.
Pour les syndicalistes, les conditions matérielles de travail constituent un élément essentiel au bon fonctionnement des services administratifs. Des espaces adaptés permettraient notamment d’améliorer l’organisation des activités, de faciliter l’accueil des usagers et de renforcer l’efficacité du travail quotidien.
Cette revendication met en lumière une autre dimension du malaise exprimé par les représentants du personnel : au-delà des rémunérations, les agents attendent également des conditions professionnelles compatibles avec les missions qui leur sont confiées.
La résolution de cette question nécessiterait, selon les attentes exprimées par la délégation syndicale, des dispositions concrètes de la part des autorités compétentes.
Les prérogatives du secrétariat général au cœur des tensions administratives
L’autre dossier soulevé par la délégation syndicale concerne la répartition des compétences entre le cabinet de la ministre de l’ESU et le secrétariat général.
Les syndicalistes dénoncent ce qu’ils considèrent comme une emprise du cabinet ministériel sur les prérogatives normalement dévolues à l’administration centrale. Ils contestent notamment la création de différentes commissions par la ministre, estimant que certaines de ces initiatives empiètent sur les compétences du secrétariat général.
Cette situation soulève, selon eux, la question du respect des textes qui organisent le fonctionnement de l’administration publique et définissent les responsabilités des différentes structures du ministère.
Au-delà d’un désaccord sur la gestion administrative, cette contestation porte sur la délimitation des rôles institutionnels. Le cabinet ministériel et le secrétariat général n’ayant pas vocation à exercer indistinctement les mêmes fonctions, la délégation syndicale demande que les compétences de chaque structure soient respectées conformément aux dispositions légales et réglementaires applicables.
Toutefois, les griefs formulés par les syndicalistes restent à confronter aux textes concernés et à la position officielle du ministère. La clarification de ce dossier apparaît importante pour prévenir une aggravation du différend et rétablir un cadre de collaboration entre les différentes structures administratives.
La gestion des bourses d’études également contestée
La question des bourses d’études figure parmi les dossiers sensibles évoqués par la délégation syndicale. Celle-ci dénonce une récupération, par le cabinet ministériel, de prérogatives qu’elle estime relever de l’administration centrale, notamment dans ce domaine.
Pour les représentants syndicaux, la gestion des bourses ne devrait pas donner lieu à une confusion des responsabilités entre les structures concernées. Ils plaident pour le respect des compétences administratives et des procédures prévues par les textes en vigueur.
Cette question revêt un intérêt particulier, dans la mesure où les bourses d’études touchent directement à la gestion des opportunités offertes aux étudiants et à l’organisation des mécanismes de soutien à la formation.
Le différend soulevé par la délégation syndicale dépasse ainsi le seul cadre des relations professionnelles. Il interpelle également les autorités sur la nécessité d’assurer une gestion administrative lisible, fondée sur des compétences clairement définies et des procédures conformes aux règles applicables.
À ce stade, une vérification des textes réglementaires pertinents ainsi que la réaction du ministère permettraient de mieux établir les responsabilités respectives des structures mises en cause.
Stany Bomongo appelle à l’unité et promet d’aller jusqu’au bout
À l’issue de l’assemblée générale, le président de la délégation syndicale, Stany Bomongo, a lancé un appel à l’unité des agents autour des revendications portées par leur organisation.
Son message vise à renforcer la cohésion des travailleurs face aux préoccupations inscrites dans le cahier de charges et à maintenir la mobilisation pendant le délai accordé au gouvernement.
Stany Bomongo s’est également montré déterminé à poursuivre la démarche syndicale jusqu’à son terme si les autorités ne donnent pas une suite favorable aux revendications formulées.
Cette détermination place désormais le gouvernement face à une échéance de huit jours, au cours de laquelle des échanges et d’éventuelles mesures de réponse pourraient contribuer à éviter le déclenchement d’une grève sèche.
Pour la délégation syndicale, l’enjeu est de transformer les revendications exprimées en engagements concrets, tant sur le plan salarial que sur celui des infrastructures et de l’organisation administrative.
Huit jours pour éviter une paralysie des activités
Le préavis lancé par la délégation syndicale ouvre une période décisive pour les relations entre les représentants des agents et les autorités gouvernementales.
D’un côté, les syndicalistes réclament le paiement du complément salarial, l’amélioration des conditions matérielles de travail et le respect des prérogatives du secrétariat général. De l’autre, le gouvernement est désormais attendu sur sa capacité à apporter des réponses aux préoccupations exprimées.
L’issue de cette démarche dépendra notamment de la tenue éventuelle de discussions, de la précision des engagements pris et de leur mise en œuvre effective.
Une grève sèche pourrait avoir des répercussions sur le fonctionnement des services concernés, ce qui donne à cette période de huit jours une importance particulière pour l’ensemble des acteurs du secteur.
Reste à savoir si les autorités parviendront à désamorcer les tensions avant l’expiration du préavis. Pour l’heure, la délégation syndicale maintient sa position : sans réponse satisfaisante au cahier de charges, elle se dit prête à aller jusqu’au bout de sa démarche.
Les prochains jours seront donc déterminants pour savoir si le dialogue permettra de rapprocher les positions ou si le différend débouchera sur un mouvement de grève.
ITK


