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Kongo Central : La reprise du trafic fluvial par l’Onatra, une urgence nationale !

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Mercredi, 24 juin 2025-Le secteur des transports en République Démocratique du Congo demeure un pilier stratégique du développement national. Chaque jour, de nombreux Congolais et expatriés sillonnent le territoire, que ce soit pour des raisons professionnelles, commerciales ou familiales. Dans une province aussi centrale et stratégique que le Kongo Central, ces déplacements s’effectuent principalement par route et par rail. Mais qu’en est-il de la voie fluviale autrefois si prisée ?

Jadis colonne vertébrale du transport interurbain au Kongo Central, la voie fluviale est aujourd’hui presque totalement abandonnée. L’Office National des Transports (Onatra), autrefois fleuron du transport sur le fleuve Congo, semble aujourd’hui incapable d’assumer cette mission. La raison : un cruel manque d’unités flottantes opérationnelles.

Alors que la vedette Kalamu, le ferry-boat Île Mateba et plusieurs barges remorqueuses croupissent à quai à Boma et Matadi, les autorités de l’Onatra semblent s’être résolues à tourner le dos à cette option pourtant vitale pour la mobilité et l’économie de la province. Elles concentrent plutôt leurs efforts sur les seules activités portuaires, jugées plus lucratives à court terme.

Cette orientation stratégique est dénoncée par de nombreux analystes. Selon eux, délaisser le transport de passagers et de marchandises, c’est ignorer une source importante de revenus pour le Trésor public. Dans de nombreux pays, ce secteur est un levier économique essentiel. Pourquoi pas en RDC ?

L’abandon du transport fluvial a ouvert la voie à une concurrence déloyale exercée par des transporteurs privés routiers. Ces derniers imposent des tarifs souvent arbitraires, taxés selon « la mine du client », au détriment du pouvoir d’achat des citoyens.

Pourtant, tout n’est pas perdu. Des solutions existent. À défaut d’acquérir de nouvelles unités flottantes – ce qui serait souhaitable – l’Onatra pourrait déjà miser sur la réhabilitation de son parc existant. Il suffirait de réparer les vedettes et barges immobilisées depuis des années pour relancer les rotations sur l’axe Matadi – Boma – Banana, et pourquoi pas jusqu’à Muanda.

Ce système a déjà fait ses preuves : par le passé, les passagers en provenance de Kinshasa pouvaient rejoindre Boma et Banana par vedette après avoir emprunté le train-voyageur jusqu’à Matadi. Un schéma efficace, fluide et accessible, aujourd’hui tombé en désuétude.

Un défi politique autant que technique

Certes, l’Onatra traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Le déficit de trésorerie est tel que même le paiement des salaires relève du parcours du combattant. Mais avec un minimum de volonté politique et une dose d’ingéniosité managériale, cette entreprise publique peut rebondir.

Encore faut-il que son conseil d’administration et son comité de gestion prennent leurs responsabilités. Il est temps de sortir l’Onatra du gouffre où elle a été sciemment plongée, entre mauvaise gestion, instrumentalisation politique et concurrence sauvage.

Le peuple du Kongo Central, à l’instar de nombreux Congolais, réclame le retour d’un service de transport fluvial public, fiable et abordable. La remise en service de la vedette Kalamu, du ferry-boat Île Mateba et des barges de l’Onatra ne serait pas seulement un soulagement pour les usagers, mais un signal fort en faveur de la relance du transport public.

Au moment où la RDC cherche à diversifier ses canaux de développement, la réhabilitation de la voie fluviale est une priorité stratégique. Une nécessité impérieuse.

Dieudonné MUAKA DIMBI

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