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Kongo-Central : le budget 2026 sous le feu des critiques des spécialistes en planification !

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Vendredi, 2 décembre 2026-Depuis le 15 décembre 2025, la province du Kongo Central est officiellement dotée de son cadre budgétaire pour l’exercice 2026. Un budget arrêté à plus de 888 milliards de francs congolais, mais adopté dans un contexte pour le moins controversé. En effet, contrairement aux prescrits légaux, ce budget n’a pas été voté par l’Assemblée provinciale, organe délibérant et autorité budgétaire, mais imposé par arrêté du gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo.

Cette démarche inhabituelle a suscité une vague de réactions dans l’opinion publique et au sein de la classe politique provinciale.

Les dernières critiques en date émanent des spécialistes en planification du Kongo Central, qui, après analyse approfondie du document budgétaire, dénoncent une élaboration précipitée et déséquilibrée.

Selon ces experts, le budget 2026 présente de graves incohérences dans l’affectation des ressources. Plus de 50 % de l’enveloppe globale est consacrée aux salaires et charges du personnel, principalement celui du gouvernorat et des ministères provinciaux.

Une option jugée excessivement lourde et contraire aux impératifs de développement de la province.

À cela s’ajoutent : 18 % alloués aux transports et autres interventions, 12 % aux investissements, 7 % au Programme de Développement Local des 145 Territoires (PDL-145), 5 % aux équipements.

Une répartition qui soulève de nombreuses interrogations, d’autant plus que ce budget a été déclaré non recevable par l’Assemblée provinciale, laquelle avait formulé plusieurs observations et recommandations restées lettre morte.

Défi institutionnel ou ignorance des enjeux ?

Les spécialistes en planification s’interrogent : pourquoi le gouvernement provincial a-t-il choisi d’adopter ce budget en ignorant les réserves des élus provinciaux ?

S’agit-il d’un acte de défi institutionnel ou d’une méconnaissance des conséquences à long terme d’un tel choix budgétaire ?

Ils peinent à comprendre comment un gouverneur se réclamant de l’héritage et de l’école de son prédécesseur peut cautionner un budget qui, selon eux, sacrifie l’intérêt général au profit du fonctionnement administratif.

Des secteurs stratégiques sous-financés

Les critiques sont particulièrement sévères concernant le secteur des transports, considéré comme stratégique, créateur d’emplois et moteur de développement.

Alors que l’état de délabrement des routes de desserte agricole est unanimement reconnu, les experts estiment que l’enveloppe dédiée à ce secteur devrait se situer entre 25 et 30 %, contre seulement 12 % prévus.

Même constat pour le PDL-145 territoires, dont les 7 % alloués sont jugés largement insuffisants pour répondre aux besoins pressants des Entités Territoriales Décentralisées (ETD).

Les 4 à 5 % réservés aux équipements sont également perçus comme incapables de moderniser efficacement les services provinciaux face aux exigences des nouvelles technologies.

Face à cette situation, les spécialistes en planification appellent le gouverneur Grâce Nkuanga Masuangi Bilolo à faire preuve de redevabilité en expliquant clairement à la population comment une telle masse salariale peut contribuer au développement global du Kongo Central.

Ils craignent que cette enveloppe serve principalement à satisfaire une administration pléthorique, alimentée par des recrutements excessifs et la création de services qualifiés de budgétivores.

Pour ces experts, la priorité devrait être la réduction substantielle des charges du personnel, au profit des investissements structurants et du PDL-145, programme phare initié par le Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

En conclusion, les spécialistes rappellent que toute politique budgétaire responsable doit viser avant tout le développement de la province et l’amélioration des conditions de vie de la population, et non la seule prise en charge administrative.

C’est à ce prix, soulignent-ils, que le Kongo Central pourra pleinement jouer son rôle stratégique de porte d’entrée et de sortie maritime de la République démocratique du Congo.

Dieudonné MUAKA DIMBI

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